INDUSTRIE ET COMMERCE DE l.'AI.SACE-I.ORRAINE.
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Toutefois, si le rempart des Vosges est encore un obstacle considérable auxrapports directs de l’Alsace avec la France , le trafic intérieur de la pro-vince est suffisamment desservi par le réseau des chemins de fer de laplaine. Dans les villages d’Alsace, de même (pie dans ceux de la Hongrie , dela Galicie, de la Pologne , les principaux intermédiaires du commerce sontles marchands Israélites , relativement fort nombreux. O 11 ne compte pasmoins de 45,000 juifs dans toute F Alsace-Lorraine : c’est une proportionvingluplc de celle que le recensement constate en France .
En descendant le Rhin, au sortir du territoire suisse , la première villeque l’on rencontre esL la petite lluningue, jadis fameuse par ses ouvragesmilitaires qui, avec une tète de pont située dans une île de la rive droite,commandaient le passage du Rhin; ils furent rasés en 1815 : c’est là quesur le territoire allemand se trouve le premier pont fixe du lleuve. L’éta-blissement de pisciculture établi à lluningue du temps de l’administrationfrançaise rend maintenant de très-grands services à l’Allemagne en fournis-sant d’alevin les stations moins importantes de la contrée. Par le canal duRhône au Rhin , le poisson était expédié autrefois jusqu'aux extrémités dela France ; on le transporte de la même manière par les fleuves et les ca-naux dans toute l’Europe centrale .
Mulhouse (en allemand Miilhausen) est la capitale industrielle et la villela plus populeuse de l’Alsace méridionale. L’ancien « village des Moulins »occupe une position des plus heureuses au pied des collines du Sundgau, àl’endroit où l’ill, déjà navigable, sort du territoire monlueux pour entrerdans la plaine d’Alsace, et croiser la voie naturelle du Rhin au Rhône parle seuil de Belfort. Unie politiquement aux cantons suisses pendant près detrois siècles, de 150fi à 1798, elle put développer librement son industrieet devenir l’un des grands centres manufacturiers de l’Europe . Ses princi-paux fabricants appartiennent à des familles anciennes, alliées les unes auxautres par les mariages et formant ainsi une sorte de clan, dont les nom-breux enfants sont aussitôt placés dans les usines et les banques, comme in-génieurs, chimistes, commis ou caissiers : cette forte solidarité donne auxfabricants de Mulhouse une très-grande puissance financière sur tous lesmarchés de l’Europe, de l’Amérique et des Indes : c’esL l une de ces fa-milles qui prit en 1855 l’initiative pour la fondation des fameuses citésouvrières, prises comme modèles par les sociétés philanthropiques. Le quar-tier de la « cité » de Mulhouse est composé de plus de mille maisons, com-modes, saines, régulières, entourées de promenades et de jardins : les an-
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