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Livre III. L'Europe Centrale.
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rive droite de la Lauter, formant à cette époque la frontière de France .Ces retranchements, qui n’appartiennent plus à ceux qui les ont con-struits, ont été abandonnés, et les deux villes fortes de Wissembourg et deLauterlmrg, sur la Lauter, sont déclassées.

La région des montagnes qui domine l’Alsace du Aord est aussi de-venue célèbre dans l’histoire militaire de l’Europe occidentale . La villede Saverne, si agréablement située sur le seuil des Vosges , entre la plainede cultures et la montagne boisée, était le poste de Très Tabernx , d’où lesRomains surveillaient le passage ; depuis ces conquérants, la possession decette ville et de sa route n’a cessé d’ètre disputée par les nations en lutte :le palais qu’y possédaient les évêques de Strasbourg était en même tempsune forteresse. C’est à Saverne qu’après la rébellion des paysans seize millede ces malheureux, auxquels on avait promis la vie sauve, furent massa-crés par les troupes d’Antoine de Lorraine . Plus à l’ouest, la petite citadellede Phalsbourg (Pfalzburg), qui dominait la roule de Paris , est une placedont les défenseurs, peu nombreux, surent en 1870 rester fidèles à leurdevoir et résister jus ' dernier morceau de pain : les remparts enont été démantelés et les pierres, butin de conquête, ont servi à la con-struction des nouveaux forts de Strasbourg . Une autre place militaire,la Petite-Pierre, appelée LüLzelstein par les Allemands, ne fut pas mêmedéfendue, tandis que la forteresse de Rilche, réellement imprenable si cen’est par la famine, car les casemates en sont taillées dans le roc, restafrançaise jusqu’à la conclusion de la paix. Plus encore que les autres ré-gions de l’Alsace et de la Lorraine , cette partie de l’ancienne France esL unpays de population guerrière : les hommes y naissaient avec la passion descombats, des honneurs et de la gloire des armes. Aucune ville n’a comptéparmi ses iils un nombre plus considérable d’ofliciers généraux que lapetite Phalsbourg .

La vallée de la Sarre, à l’ouest du prolongement des Vosges , n’a pas deville considérable en Lorraine. Sarreguemines (Saargemünd ) est la seulequi ait vraiment droit à ce nom par sa population, son industrie, son com-merce; mais, comme Forbach , Sainl-Avold et les autres gros bourgs de lacontrée, elle a été dépassée par le grand centre industriel de Saarbrücken ,située au milieu de son riche bassin houiller, en dehors de l’ancienne fron-tière. Dans les vallées de la Seille et de la Pelite-Seille, les bourgades lesplus importantes, Dieuze, Moyenvic, Vie, Château-Salins , sont connues parleurs salines; Marsal est une ancienne forteresse qui se rendit en 1870après un bombardement d’une heure. Quant à la vallée de la Aied, elle necontient qu’un seul groupe d’habitants qui prenne le titre de ville : c’est le