NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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lentement soulevée comme l’est aujourd'hui la Scandinavie , et que l’eaufluviale, travaillant à maintenir son niveau, a creusé son lit à mesure dansles diverses assises des montagnes aussi bien que dans les amas de caillouxdésagrégés du bassin supérieur. Seulement la nature si différente des ter-rains a donné au Rhin les aspects les plus divers, et tandis que dans laplaine de galets le fleuve a pu se promener à droite et à gauche en dépla-çant ses méandres, il a dû, plus au nord, cheminer comme un captifdans son étroit défilé, sans modifier les courbes successives de son tracéprimitif 1 .
Le seuil par lequel le Rhin entre dans son avenue de collines était na-guère marqué par de périlleux rapides. On dit même qu’il y a trois sièclesla chute du fleuve était en cet endroit d’une hauteur de 2 mètres ; mais lestravaux d’approfondissement repris à diverses époques ont été menés àbonne fin pendant le cours de ce siècle, et désormais la navigation ne seraplus interrompue au Trou de Bingen, ni à la descente, ni à la remonte.Mais, si la porte d’entrée du défilé n’est plus indiquée par les saillies desécueils, elle l’est toujours par la beauté saisissante du paysage. A gauche, laville de Bingen , entourée d’arbres, s’allonge au bord du fleuve et gravit unpromontoire comme pour regarder le confluent de la Aahe; au milieu duRhin se dresse sur un îlot la vieille tour (Mâusethurm) que la légende ditavoir été prise d’assaut par les souris; à droite, le château d’Elirenfels s’élèveà mi-pente sur le versant rapide de la montagne du Miederwald, tandis qu’auloin les eaux, rétrécies par la perspective, vont se perdre au tournant despromontoires. Sur le plateau qui domine Ehrenfels s’élève un piédestalattendant une statue colossale du sculpteur Schilling, la « Défense du Rhin ».
C’est par la ruine d’Ehrenfels que commence l’étonnante rangée de châ-teaux, les uns ruinés, les autres reconstruits, qui hérissent toutes les pointesde rochers sur les deux bords de ia percée du Rhin , et se rattachent en maintsendroits par des murailles aux vieilles tours des bourgades qui bordent lefleuve. Rheinstein, Falkenburg, Sooneck, Fürstenhcrg, Stahleck se succèdentsur les promontoires de la rive gauche; Pfalzgrafenstein, plus connu sousle nom de l'falz, dresse ses murailles sur un écueil du Rhin , tandis qu’àl’est le château de Gutenfcls domine la ville de Caub du haut de son rocherd’ardoise. Sehônberg ou Schônburg (Schomberg) et Rheinfels se montrentensuite sur la rive gauche, et sur deux coteaux de la rive droite les deuxbourgs ennemis, le Chat (Katzenelnbogen ) et la Souris, se regardent mena-çants. D’autres vieux donjons, Lobenstein, Sternfels, Marxburg, hérissent
Ramsay. Physical history of Ihc RIAnc.