Band 
Livre III. L'Europe Centrale.
Seite
561
JPEG-Download
 

FORÊT-NOIRE ET K.VISERSTL'IIL.

561

ne se développe pas du sud au nord parallèlement au lit du lleuve. Vers lemilieu de sa longueur, le grand massif méridional est entaillé d’un largegolfe, celui dans lequel est bâtie la ville de Fribourg, et deux groupesinsulaires de hauteurs s’élèvent au milieu des campagnes basses, au sudle Tuniberg, au nord le Kaiserstuhl , séparés l’un de l’autre par unedépression où passe le chemin de fer de Colmar à Fribourg. Ces col-lines sont des cônes de basalte et de dolérite qui, eu se soulevant à l’époqueoù la plaine environnante était encore un bras de mer, ont redressé enmeme temps des strates de terrain jurassique, bc cône le plus haut duKaiserstuhl ou « Siège Impérial », sur lequel, d’après la légende, Rodolphede Habsbourg aurait tenu cour de justice, domine un paysage des pluscharmants et des plus vastes : aux alentours sont les bois et les clairièresde prairies; des eaux claires arrosent tous les vallons; dans le lointainon aperçoit le grand lleuve qui sépare la riche Alsace des campagnes nonmoins fertiles du Jirisgau, et les contreforts des montagnes boisées quise font face de l’un à l'autre côté de la plaine. La Forêt-Noire est une desrégions de l'Allemagne où le voyageur voit se succéder les sites les plusaustères et les plus gracieux ; mais plusieurs l'estent encore ignorés : la fouledes étrangers se porte vers Bade et les autres villes de bains ; elle parcourtles allées des parcs, les forêts voisines, et ne dépasse guère les ruines quise voient çà et là sur les sommets environnants.

La grande industrie de la Forêt-Noire est encore de nos jours l’exploita-tion des bois, quoique en maints endroits les pentes aient été dévastées ouremplacées par des cultures auxquelles le sol ne se prêle pas toujours.Ainsi la montagne du Kniebis, près des sources de la Murg, avait été par-tiellement défrichée et des paysans s’acharnaient à en cultiver le sol ; maisle grès bigarré, que recouvre une mince couche de terre végétale, s’est refuséà porter des récoltes, le village de Kniebis a cessé d’exister et l’on a dùs’occuper de replanter les forêts autour des maisons abandonnées. Ni lesbois, ni les pâturages des sommets, ni les champs et les vergers des valléesne suffisent à faire vivre la population trop nombreuse de la contrée. Lesmines, jadis très-productives, sont délaissées pour la plupart. Les habitantsdes villages de l’intérieur émigraient naguère en grand nombre pour l’Amé-rique et vont toujours en foule passer l’hiver à l’étranger; ceux qui restents’occupent en hiver de petites industries, telles que le lissage de la paille :mainte ouvrière de la Forêt-Noire pourrait sans trop de désavantage compa-rer les produits de son art aux admirables tissus des paysannes florentines.Mais le travail par excellence des gens de la montagne, surtout vers lessources de la Kinzig , est la fabrication des montres et des pendules en bois

71

ni.