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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE ÜÉOGUAI'IIIE UNIVERSELLE.

plus anciennes. Quelle est l’origine de ces entonnoirs? Les géologues lescroient produits soit par l’explosion de bulles prodigieuses 1 , soit par l'effon-drement de cavernes souterraines. Le fond delà plupart des maure est occupépar de petits étangs; d’autres, (jui renfermaient aussi de l’eau, sont rempliesde tourbe ou n’ont plus que des terres alluviales dans leur cavité : dansquelques-unes, des villages se sont mis à l’abri du vent. On a constatéqu’elles sont disposées pour la plupart suivant des lignes droites, indiquantprobablement la direction de crevasses souterraines. Des tremblements deterre, que l’on croit être d'origine volcanique, sont assez fréquents dans lacontrée.

Non loin du Rhin, à l’ouest de la petite ville d’Andernach , s’ouvre le plusvaste de ces gouffres dans un cirque formé en grande partie par des volcans:c’est le Laacber-See 2 , petite nier intérieure où la sonde trouve jusqu’àGO mètres de profondeur et qui s’étend sur un espace de 538 hectares. Dansun rayon de 7 ou 8 kilomètres autour du lac s’élèvent trente et un volcanspercés de cratères bien distincts, mais l’entonnoir dans lequel sont enfer-mées les eaux bleuâtres du lac n’est point une bouche de laves proprementdite, comme on Je supposait jadis, car plusieurs des roches qui l’entourentsont des assises schisteuses n’ayant pas même subi l’action du feu; toutefois,lors de l’explosion qui l’a produite, des matières volcaniques, cendres etbombes, ont été certainement lancées au dehors : on les trouve en grandequantité, éparses sur les pentes des environs. De nombreuses sources car-bonalées, jaillissant au fond du lac et dans les vallons des alentours, témoi-gnent encore d’une certaine activité volcanique et dans une tourbière voisines’exhale une mofette d’acide carbonique ; une deuxième source de ce gazmortel a tari depuis que le niveau du lac, déjà régularisé par un déversoirau douzième siècle, a été abaissé : un canal souterrain d’un kilomètrede longueur emporte le surplus des eaux sur le versant méridional d’uncol et les perd en des amas de pierres ponces. On trouve de ces débris, non-seulement dans le voisinage du Laacher-See, sur la rive gauche du Rhin ,mais aussi dans les campagnes qui s’étendent à l’orient du ileuve, et mêmejusqu’à Marburg, à plus de 100 kilomètres en droite ligne 3 . Toutefoisles amas ne se trouvent en couches épaisses et faciles à exploiter que sur lepourtour du lieu d’explosion. On utilise surtout les tufs qui s’étendent enpuissantes couches dans le Brohllhal, petite vallée tributaire du Rhône ; les

1 Do Ilumbotdt, Itartiing, Ndggeralh.

2 « Lac du Lac. » C’csl ainsi que dans tes Alpes françaises on trouve le lac Lau-la-nier, c’est-à-dire le lac « Lac-lac-noir ».

5 Jacob ÎYôggeralb, Per Laacher-See und seine vulhanischen Umyebungcn.