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Livre III. L'Europe Centrale.
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HARDI, A H II K N X E S, I10I1E VE NX.

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A l’ouest de la Moselle, et jusqu’à la Meuse , toute la contrée est inégaleet monlucuse, coupée de gorges étroites au fond desquelles une eau purecoule sur un lit de rochers. En France et en Relgique, l’Ardenne , dont lenom est synonyme de celui de llardt, continue sur le territoire allemand ses plateaux tristes, froids et maigrement boisés, quoique les chasseurssoient allés chercher leur patron dans ses forets, d’ailleurs incomparable-ment plus étendues à l’époque où naquit la légende 1 ; plus au nord, lemassif appelé « llolie \enn » (les Hautes Fanges), ainsi nommé de scs tour-bières, est même presque complètement dépourvu de bois et ses croupesuniformes se prolongent au loin, grises de bruyères ou noires de tourbependant l’été, blanches de neige en hiver; pendant les années très-sèches,en 1684, en 1825, on a vu ses tourbières desséchées s’enflammer spon-tanément et produire, des incendies continuant plusieurs mois, jusqu’enplein hiver, et carbonisant les plantes à trois et quatre mètres de profon-deur 2 . L’Fifel, qui s’étend à l’est de l’Ardenne et des Fanges jusqu’à lavallée du Rhin, est, comme le llolie Venu, une contrée froide, généralementaride, faiblement, peuplée. Son nom, dérivé du mot eiv, est synonyme de« Pays des Aeiges ». De vastes espaces sont couverts de pierres qu'il fautentasser en monceaux pour trouver un terrain de culture; même en beau-coup d’endroits les champs ne sont utilisés qu’après quinze ou vingt ans dejachères : on en brûle la couche supérieure de gazon et l’on sème de l’avoineau milieu des cendres; après deux ou trois années de labour, le sol estabandonné de nouveau.

L’Fifel est remarquable par ses nombreux volcans, qui firent éruption àtravers les schistes, les calcaires et les grès du plateau, et qui flambaient aubord de l’ancienne mer, remplacée de nos jours par les alluvions de la basseAllemagne . Ces volcans, grands et petits, sont en quelques districts aussi rap-prochés les uns des autres que les roches éruptives des Champs Pldé-gréens. 11 en est d’un profil parfaitement régulier et dont le cratère ala forme pure de la coupe; d’autres ont leur orifice terminal ébréché ouportent des cônes adventices sur leurs flancs; des coulées de laves s’épan-chent au loin des fissures de leurs pentes. Mais, outre les cratères, onrencontre en grand nombre sur le plateau des abîmes circulaires profondsd’une centaine de mètres ou plus encore. Ce ne sont point des bouches vol-caniques, car ces gouffres, appelés maare dans le pays, s’ouvrent dans lesschistes argileux et d’autres terrains stratifiés; quelques-uns ont cependantservi temporairement de cratères, mais après s’ètre formés en des couches

1 Ernest Desjardins , Géographie de la Gaule romaine, t. I, p. -455— 457.

- Jacob Ndggerath, ber Torf .