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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

tic'i’s élégants, entre les jardins et les massifs de verdure, tandis que del’autre cùté elle essaie de gravir les fientes escarpées du promontoire quiporte l’ancien château, la « plus belle ruine de l'Allemagne ». Ce monu-ment superbe, dont le lierre enlace les murailles et les sculptures de grèsrouge, a été partiellement détruit par les Français en 1692, et l’on voit en-core dans les jardins la grosse tour, tombée tout d’une pièce lors de l’ex-plosion. La verdure qui entoure les ruines, les admirables points de vue quel’on a de la terrasse du château et de tous les promontoires voisins, lesallées qui serpentent à l’ombre des grands arbres, font de Heidelberg unlieu vraiment enchanteur. Mais ce n'est pas le château seulement qui donnetant de charme au séjour dans la ville du Neckar : on peut faire les prome-nades les plus agréables dans tous les environs, sur le Konigsstuhl quidomine la ville au sud, sur le Ileiligenberg qui s’élève au nord, dans lesbeaux jardins de Schwelzingen au milieu de la plaine, et le long des rivessinueuses du Neckar, à Ncckargemünd et Neckarsteinach. Bien plus, Heidel-berg est une ville de science, et parmi les étrangers qui la visitent, un grandnombre y viennent et y restent à cause de ses ressources scientifiques.L’université, dite Ruperto-Carolina, du nom du prince qui la fonda en1586, est l’une des plus fréquentées de l’Allemagne , surtout pour la juris-prudence, et possède de grands laboratoires, ainsi que d’importantes collec-tions de toute espèce et une très-riche bibliothèque, destinée peut-être às’accroître prochainement, grâce aux réclamations de l’Allemagne , desouvrages pillés par Tilly en 1022 et gardés depuis au Vatican 1 . On trouveà la bibliothèque de Heidelberg un exemplaire complot d’un journal quiparaissait dès l'année 1009. On y voit aussi de curieuses inscriptions,trouvées un peu à l’ouest de la ville actuelle, là où était naguère le villagede Bergheim , annexé, maintenant à la grande commune urbaine.

Mannheim , au contraire, est une ville moderne. Tant que les terresincertaines entre lesquelles s’unissaient les eaux du Neckar et du Rhin n’a-vaient pas été consolidées, on ne pouvait y bâtir que des maisons isoléesou des villages sans importance. Des Néerlandais, habiles à protéger leschamps et les demeures contre l’irruption des fleuves et de la mer, furentau commencement du dix-septième siècle les premiers habitants de la nou-velle cité. Mannheim , malgré, les marécages qui l’entourent, est devenueune ville hollandaise par l’extrême propreté, tandis que pour la régularitémonotone de ses rues il faut la comparer à une ville américaine : elle se

1 Université de Heidelberg en 1877 : Professeurs, 110. Étudiants immatriculés, 706 (494 Alle-mands, 42 Suisses, 51 Américains, 19 Anglais, 19 Russes, 17 Austro-Hongrois , etc.); 68 visiteurs.Bibliothèque, 300,000 volumes, 5,000 manuscrits, 70,000 dissertations, etc.