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Livre III. L'Europe Centrale.
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HEIDELBERG, MANNHEIM .

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compose d’an peu plus d’une centaine de carrés, tous d’égale grandeur etséparés par des rues uniformes se croisant à angle droit et présentanttoutes une libre perspective vers la campagne, sauf du coté du Khin, oùs’élève, un grand château régulier, avec grilles, péristyle et slatues. Uneceinture de jardins, limités par un chemin de fer décrivant un cerclepresque parfait, entoure cette ville au tracé géométrique, et le cercle estlui-même inscrit dans l’angle allongé que forment le Rhin et le Xeckar,contenus entre des levées rectilignes.

^Néanmoins les habitants se pressent dans cette ville où l’ennui sem-blerait au premier abord devoir régner en maître. Mannheim est la citéla plus populeuse du grand-duché de Bade , la plus vivante au point devue politique, quoiqu’elle n’ait point les avantages qui appartiennent auxcapitales et qu’elle occupe dans l’Etat une position si peu centrale; maiselle a le privilège de se trouver à la tète de la grande navigation surle Rhin . Son port est très-animé, de même que celui de la ville sœur,Ludwigshalen, située sur la rive droite dans le Palalinat bavarois et reliée àla cité badoise par un pont lîxe ; elle possède en outre, entre le Neckar et leRhin , de vastes bassins pour la batellerie, et sa gare de chemins de fer, oùse font les échanges entre les voies de terre et le lleuve, est l’une des plusimportantes de l’Allemagne. Mannheim , vouée au commerce, n’a pourtantpoint grandi sans avoir aussi un rôle dans l’histoire des sciences et deslettres. Le château a de belles collections; des recherches utiles ont étéfaites dans l’observatoire, et le théâtre revendique l’honneur d’avoir le pre-mier joué les pièces do Schiller.

Au nord de Mannheim , une seule ville de la plaine rhénane appartientau duché de Bade, Wcinheim, encore ceinte de scs vieilles murailles. Elleest sur le chemin de fer et sur la route du bas de la montagne (Bertj-strasse), à l’issue de la vallée que parcourt la Wesclmitz, rivière dont lenom est slave, quoique les Wendcs n’aient jamais pénétré dans celte région.Dans les hautes vallées de l’Odemvald, à l’est de Weinheiin, le régime dela propriété commune subsiste encore à divers degrés; mais c’est dans laplaine, à peu de distance au nord de Mannheim , que les anciennes mœurscommunautaires ont été le mieux maintenues. La terre de la communede Yiernheim, d’une superficie d’environ 720 hectares, est divisée en550 lots, qui se répartissent par rang d’âge entre les citoyens. Les vieil-lards ont les plus grandes parts, les jeunes gens ont les petits lopins deterre; d’autres, non encore d’âge à devenir propriétaires, doivent travaillertemporairement chez autrui, mais les maisons qu’ils habitent leur appar-tiennent, car ils ont tous le droit d’aller couper des arbres dans la forêt