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Livre III. L'Europe Centrale.
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BONN, SIEGEN, COLOGNE .

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ils expédiaient leurs propres navires à Londres et possédaient près de la« Tour » leur magasin particulier, connu sous le nom de « Guilde de Co-logne » ; leurs monnaies étaient fort appréciées; leurs poids et leurs mesuresréglaient au loin la vente des marchandises. Les bourgeois de la ville,après de longues luttes contre leurs évêques, surent conquérir le droitd’élire leur propre municipe et de garder pour eux-mêmes les richessesacquises. Aussi dépassaient-ils les seigneurs en magnificence : en 1256, onles vit chevaucher, au nombre de 18,000 et tous vêtus d’habits somptueux,au-devant de la fiancée de l'empereur Frédéric II. « Riche comme un mar-chand drapier de Cologne » était en Allemagne une expression proverbialeanalogue à celle des Italiens : « Riche comme un épicier de Florence ».Four les draps, Cologne était en effet un des marchés régulateurs de l’Eu-rope; elle était aussi la première cité de l’Occident pour la vente desmétaux précieux; dans presque tous les métiers, ses artisans étaient lesplus habiles. Au quinzième siècle, avant les grandes transformations quicommençent l’ère moderne, Cologne était au nombre des villes qui dispu-taient à Francfort l’honneur d’être la métropole de l’Allemagne ; mais lesdésastres vinrent la frapper coup sur coup. La découverte de l’Amérique fitabandonner au commerce les routes accoutumées par Venise et Augsbourg;les invasions dévastèrent la contrée; les Provinces-Unies des Pays-Bas, deve-nues l’une des grandes puissances de l’Europe, fermèrent le Rhin aux bateauxde Cologne ; puis, ainsi qu’il arrive presque toujours, c’est par un suicide queles citoyens rendirent irrémédiable la décadence de leur ville. Cologne , fièrede ses titres de « cité sainte » et de « Rome allemande », Cologne , enrichiepar les innombrables pèlerins qui venaient y contempler les tombeauxdes Rois Mages , ne voulut pas tolérer le séjour des protestants. Il leurfallut s’enfuir, emportant avec eux leurs industries pour en doter les villesdes alentours. D’opulente qu’elle avait été si longtemps, Cologne devint unecité misérable. Ses ruas tortueuses furent bientôt changées en sentincs oùl’étranger osait à peine s’aventurer, elles mendiants pullulèrent par milliersaux portes des églises. Maintenant le mouvement industriel et commercial arepris avec un singulier élan : les bateaux à vapeur du Rhin, dont Cologne est leport d’attache, les chemins de fer qui convergent en si grand nombre versla cité, apportent chaque année plus de voyageurs et de marchandises 1 ; desfabriques importantes, faïenceries, filatures, usines de produits chimiques,

1 Mouvement de la gare de Cologne en 1874 : 5,950,900 voyageurs, 857,500 tonnes de maveh.

» du port » » 7,029 bateaux, 227,125 »

» des bateaux à vapeur rapides . . . 2,022 voyages ( 145,100 voyag., 6,100 tonn.)

” » toueurs et remorqueurs. 645,000 tonnes.