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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

brouillards du Danube, là où le fleuve traverse la grande dépression maré-cageuse appelée le Donau Ried, ont été rendus célèbres en Bavière par maintproverbe local. Dans les villes de la province de Schwaben cl Neuburg , quirenferme ces régions liasses, le nombre des conscrits réformés est d’environb-2 sur I00‘.

Les diverses rivières qui descendent des Alpes vers le Danube se ressem-blent toutes par leur régime torrentiel et par la nature du terrain qu’ellesont à traverser. Ces rivières, tantôt gonflées par la fonte des neiges ou parles grandes pluies, tantôt réduites à de minces filets d’eau par les séche-resses, ne trouvent aucune résistance dans les berges caillouteuses qui lesbordent, elles les abattent çà et là, les étalent en champs de galets que leIlot déplace, et travaillent constamment à se creuser un nouveau lit. Nullepart elles n’offrent un espace égal entre les deux berges, un chenal de pro-fondeur uniforme ; le Lecli, dont la largeur moyenne est de 60 mètres,en a près de 1,000 au confluent de la àVerlaeh, en aval d’Augsbourg . Toutesces rivières ont eu de grands changements de cours, notamment l’Isar , quel’on croit avoir été un affluent de l’inn : au sortir de sa vallée de monta-gnes, il passait à l’est dans la dépression profonde que parcourt aujour-d'hui la rivière Mangfall , et s’unissait à lTnn à l’endroit où se trouve laville de Rosenheim . La gorge au fond de laquelle coulait l’isar, de son litactuel à celui de la Mangfall , est encore facile à reconnaître en son entier:on lui donne le nom de « Fossé du Diable » (Teufchgraben).

Mais, en errant sans cesse dans la plaine caillouteuse, les affluents alpinsdu Danube n’en offrent pas moins dans leur ensemble hydrographique unerégularité de cours général et d’inllexions secondaires qui témoignent d’uneloi commune présidant à leur formation. L'iller, la première rivière torren-tielle descendue des Alpes qui mêle scs eaux au Danube , coule à peu prèsdu sud au nord, et même se rejette quelque peu vers le nord-ouest; leLecli s’incline vers l’est, en accroissant peu à peu la distance qui le séparede 1 'Hier; l’isar, s’écartant encore beaucoup plus vers l’orient, coule direc-tement au nord-est, tandis que l’inn, décrivant d’une manière générale lesmêmes courbes que l’Isar , a dans une partie de son cours une directionfranchement orientale. La plaine entière, composée de débris rejetés horsdes Alpes , n’est autre chose qu’un immense cône de déjection, s’étalant au-devant des grands massifs en forme d’éventail, et l’iller à l’ouest, l’inn à l’esten indiquent à peu près les limites. Mais d’autres raisons ont contribué àincliner graduellement le cours des eaux de la Ilaute-Bavière dans la direc-

1 Chr. Schmid, Bavarin, II'" Bnnd, p. 875.