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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

La crtHc du Thfiringerwald est dans presque toute sa longueur moinspénible à suivre que ne l’aurait été la base inégale des contreforts avant laconstruction des chemins, et rien n’eùt été plus facile que-de tracer unegrande route sur le sommet, si les rares villages de la foret avaient purendre pareille dépense nécessaire. Déjà, depuis un temps immémorial, unchemin d’origine mystérieuse, le Rennsleig (Ilennstieg, Renirweg), dont lenom signifie probablement « Sentier de la Frontière» (liain-Steg), et quisert en effet de limite à plusieurs petits Etats et à de nombreux domaines,court sur la ligne de faite, en contournant les plus hauts sommets : cechemin des bois, d’une longueur de plus de ‘ÜÜO kilomètres, carrossabledans presque toute son étendue, est la véritable ligne de séparation entrela Franconie (jadis le Grablèld) et la Thuringe proprement dite, entrel’Allemagne du Sud et celle du Nord. Sur les deux versants tout diffère,le dialecte et les désinences des noms de lieux, les mœurs et les coutumesjuridiques, les mets nationaux et les vêtements, l’architecture des mai-sons : pour les Thuringiens , le versant du nord est le pays « intérieur »,le versant du sud est la contrée du « dehors ». Là est probablement lafrontière dont il est déjà question dans une lettre de Grégoire 111 auxprinces allemands, datée de 758, et dans les annales de l’abbaye de Fulda ,qui commencent en 750 En plusieurs endroits, on peut voir du cheminet des anciens remparts de défense qui le bordent çà et là les deux versantsde la montagne, les vallées qui la découpent, les anciens châteaux fortsdressés sur les promontoires au-dessus de la plaine, et dans le lointainles campagnes verdoyantes. Actuellement, les routes de commerce et depromenade traversent la chaîne par un grand nombre de seuils; toutefoisaucun chemin de fer ne la franchit encore en rampe ou en souterrain. Lesvoyageurs pressés ont à la contourner à l’est ou à l’ouest; mais combien demilliers s’arrêtent chaque année aux villes et aux villages de la Thuringe pour se promener sous les ombrages de la grande forêt, au bord de sesruisseaux, à la base de ses rocs percés de cavernes, dans les étroites prai-ries de ses vallons! Le Thüringenvald est le «parc de F Allemagne». Enpeu de contrées du monde, les arbres, presque tous des hêtres, des pins, dessapins ou des épicéas, sont aussi bien soignés, ont une venue plus belle.

Les coteaux et les plateaux calcaires qui se prolongent au nord du Thü-ringenvald, parallèlement à la chaîne maîtresse, sont percés de nombreusesgrottes dans lesquelles se perdent les eaux de la surface pour aller rejaillirau loin dans les vallées en sources puissantes, autour desquelles se sont

G. Rrückner, Ber Rennstieg in seiner hiüorisclien Bcdeutung.