696
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
plusieurs autres masses il’éjection volcanique, le Meisner, lorsqu’il étaitencore à l’état pâteux, s’est épanché sur des roches plus anciennes qu’il apréservées de l’érosion : ces assises contiennent en grande quantité des gise-ments de lignite, que les mineurs exploitent sur tout le pourtour de lamontagne, en creusant leurs galeries sous les voûtes de basalte 1 . Une d’ellesse consume lentement depuis des siècles.
Les hauteurs qui bordent à l’est et à l’ouest la vallée moyenne de laWeser se distinguent de celles du pays de liesse par leur grande régula-rité. Comme le Jura , qui leur ressemble géologiquement, elles sont dis-posées en chaînes, toutes uniformément dirigées du sud-est au nord-ouest,suivant l’axe du Thüringerwald et du Bôhmerwald . La plus célèbre deces crêtes, le Teutoburgerwald , devenue fameuse par la défaite des légionsde Yarus, se prolonge vers les plaines du Hanovre , et ses derniers pro-montoires vont mourir sur les bords de l’Ems. C’est la première chaîneque les Romains avaient à rencontrer, après avoir traversé le Rhin etparcouru les plaines de la Wes / ie, et c’est là que vint se briser leurpremier effort ; mais non loin de là Germanieus vengea l’affront faità la puissance romaine, et depuis ces premiers temps de l’histoire germa-nique, de nombreuses batailles ont été livrées pour la possession de cerempart extérieur des Thuringiens et des Saxons. De nos jours, comme auxtempsd’Arminius , ces collines sont, du moins en partie, couvertes de forêts;mais à leur base occidentale les bois ont disparu, et presque partout les cam-pagnes contrastent par leur couleur grisâtre avec la verdure des hauteurs.Une véritable steppe sablonneuse, la Senne, célèbre par sa race de petitschevaux nerveux, longe même le pied des monts de Teuloburg, au nord dePaderborn , tandis qu’au sud de cette ville s’étend le Sintfeld, une Cran dunord, infertile, sans eau, couverte de pierres. De distance en distance, lescollines du Teutoburgerwald sont interrompues, comme le Jura , par descluses ou « portes », car tel est le sens du mot Doren ( Tlniren ), et c’est eneffet par là que passent les roules de commerce : aussi presque toutes lesvilles du pays se sont-elles établies dans le voisinage de ces ouvertures,comme pour attendre les voyageurs. Le principal chemin de fer de l’Alle-magne du Nord, celui de Cologne à Berlin , utilise une de ces portes, à Bie-lefeld; puis il va gagner, au sud de Minden , un autre passage ouvert à tra-vers une chaîne parallèle au Teutoburgerwald. En cet endroit, la Weser ,qui probablement continuait autrefois de couler vers le nord-ouest pouraller se réunir à l'Ems, avait d'avance frayé la route à l’homme : là
1 Buruhard Coïta, Deutschlumls Boden , j>. 130.