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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
autre chose que la continuation orientale de la région du geest, quoiqued’ordinaire on ne les connaisse pas sous ce nom. C’est une des contrées lesmoins pittoresques de l’Allemagne , une de celles dont on parle toujoursavec ironie, quoiqu’elle ait aussi sa beauté, ses ileurs roses, ses petits bou-quets d'arbres, ses ravins, l’infini de ses horizons. Les villages, les villessurtout, sont rares dans l’infertile région de Lüneburg ; les bergers pais-sant des troupeaux de brebis noires, petites, presque sauvages, connuessous le nom de Heidschnucken 1 , sont les maîtres de l’espace. Des agronomesont maintes fois essayé de soumettre les landes de Lüneburg à la grandeculture, mais leurs efforts ont échoué à cause du manque d’eau; le sarrasinn’a pas encore été remplacé par l’orge et le froment dans l’agriculture dupavs. Néanmoins des forêts naissantes et de nombreuses colonies agricoles,découpées dans le territoire, qui jadis était propriété commune ( meente ),ont çà et là remplacé les landes; dans les bas-fonds, les bouleaux, les hêtreset les chênes croissent avec vigueur. Les troupeaux de brebis aborigènesdeviennent de moins en moins nombreux; les progrès de la culture lesferont disparaître complètement.
Des blocs erratiques, apportés, antérieurement à l’histoire, par les glaçonsde la Scandinavie , se voient encore en grande quantité sur le plateau deLüneburg , sur le llümmling et dans toute la plaine que parcourent l’Ems etla Weser ; même par les brèches que présentent les massifs avancés del’Allemagne médiane, des amas de pierres sont allés s’échouer jusqu’aupied des montagnes de la Thuringe ®, et de toutes parts ils environnent leKyffhausser ; au nord du Harz, des traînées de blocs traversent la Weser et.s’épanchant par une des « portes » du Teuloburgerwald, vont rejoindre lesdépôts qui se sont répandus au loin dans les plaines de la Lippe et de la Iluhr :on voit même quelques blocs des montagnes Scandinaves sur la rire gauchedu Rhin , dans les environs de Crefeldü Cette grande abondance de pierres,disposées en maints endroits comme des édifices eyclopéens, a permis auxanciens habitants de la contrée d’élever eux-mêmes une multitude de gros-sières constructions, dolmens, pierres levées, enclos sacrés, tombeaux des« Iluns » ou des « Géants ». Un archéologue du Hanovre , von Estorf, acompté en 1846, dans les seuls districts d’Uclzen et de Lüneburg , environ7,000 mégalithes, dont 500 en bon état de conservation. Sur un coteau quidomine l’estuaire de la Weser , se trouve, au milieu d’un cercle de pierreslevées, une allée couverte dont les trois dalles supérieures pèsent chacune
1 Heedschapen des Hollandais.
s Uernhard Cotta, Deutschlands Boden.
5 H von Deeben, Die nutzbaren Mineralien und Gebirgsarten im deuischen Iieiche, p. 248, 249.