LITTORAL DF. LA MER DU N'ORI).
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environ 100 tonnes. Mais la plupart de ces monuments d’un autre âgeont disparu. Au dernier siècle, les habitants du Hanovre faisaient un grandcommerce de ces pierres avec leurs voisins les Hollandais, qui les emploientà la construction des digues ‘.
Même durant la courte période d’histoire qui s’est écoulée depuis lesconflits de Home avec les Germains, le profil des rivages allemands de lamer du Nord a beaucoup changé. Cet immense lais de mer qui forme toutela région hanovrienne au nord de la Hesse et du llarz, a été rongé sur sesbords, et l’Océan a repris une partie de son empire bien avant dans lesterres. Les annales du moyen âge racontent les effroyables désastres causéspar les soudaines irruptions de la mer. La plus ancienne inondation dontparlent les chroniques élargit, en 1000, le golfe de la Jade, ancien estuairede la Weser abandonné par ce fleuve, rasa le château fort de Mellum , dontun banc de sable, ayant encore ce nom, indique toujours remplacement;en lin en 1218 et en 1221, la mer creusa la partie du golfe où se trouventaujourd’hui, au sud de Wilhelmshafen, les eaux les plus profondes 3 . En1277, les désastres furent plus grands encore : poussées par la tempête, leseaux se précipitent dans l’estuaire de l’Ems, engloutissent près de qua-rante villages et forment ce golfe sinueux du llollart, dont le nom même,qui signifie «Furieux », rappelle probablement l’œuvre de destruction. En1570, pendant la nuit du ("novembre, nouvelle irruption des eaux : d’a-près la tradition, celle «marée de Tous les Saints », rompant les digues,des bouches de la Meuse à la pointe du Skagen, aurait noyé cent millehabitants. Et depuis cette époque, combien de levées de défense ont étépercées! combien de champs inondés et de villages détruits! Il paraît pro-.?• bable que le _ ’ nène de lent affaissement du sol, constaté sur les rivagesdes Pays-Bas, de la Poméranie et de la Prusse orientale , se produit aussi pourles côtes de la Frise germanique. Ainsi s’expliqueraient les grandes irrup-tions du flot. M. Prestel évalue les progrès annuels de la mer à 5 mètres etdemi en moyenne sur toute la côte qui se prolonge du Texcl à la pointe duDanemark : ce serait pour le continent une perte de plus de 0,000 kilo-mètres carrés depuis le treizième siècle.
Mais si les eaux assiègent le littoral, prêtes à dévorer les terres rive-raines non protégées, des causes naturelles tendent d’autre part à augmenterle domaine de l’homme aux dépens des flots et lui donnent d’excellentesterres d’alluvion, dont l’épaisseur moyenne est de 10 à 12 mètres. Partoutoù l’eau douce se mélange à l’eau salée, c’est-à-dire dans les estuaires de
1 J -G. Kohl, Nordwestdeutsche Skizzcn, 1‘" Band.
* Bader in Jever, Aus allen Welttheilen, 1872, p. 558.
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