NOUVELLE GÉOGR A P II IF. EMYERSE LIE.
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l’Eins cl de la Weser , ainsi qu’aux cnihoucliui'es des peliles rivières de lacontrée, des troubles se déposent, à l'heure où s’équilibrent*’ le flot etle jusant. Non-seulement les fines molécules de sable et d’argile se pré-cipitent, mais aussi un travail chimique s’accomplit, dans l’eau marine :des sels de chaux, de magnésie se mêlent aux dépôts du fond. En outred’innombrables infusoires d'eau douce, qui meurent au contact de l’eausalée, et des myriades d’organismes marins que tue l’eau des rivières, s’ac-cumulent en couches pressées sur le lit des estuaires et contribuent à for-mer ces terres si fertiles, dont l’agriculteur, quand il les a conquises sur lamer, ne peut lasser la fécondité : elles donnent récolte sur récolte pendantun siècle, sans qu’il soit nécessaire d’en réparer les perles. D’après lesrecherches du grand micrographe Ehrenberg, la vase des golfes de la Eriseconsiste, au moins pour une vingtième partie, en débris d’infusoires; dansle port d’Emden , celte fange profonde ou schlick est, pour les trois cin-quièmes, formée de ces restes d’animalcules. Tous les quinze ou vingt ansil faut en débarrasser les canaux, partiellement obstrués. Autrefois l'ambrese déposait aussi sur ces rivages comme sur les côtes baltiques île la Prusse,mais non en quantité suffisante pour qu'on puisse de nos jours en faireun commerce considérable. Chose remarquable, les débris d’insectes, quel’on rencontre si fréquemment dans l’ambre de la lie, manquent danscelui de la mer du Nord . On en conclut que la côte de la Erise était à cetteépoque aussi pauvre en scarabées qu’elle l'est de nos jours 1 .
Ouand les bancs de vase commencent à émerger, ils se couvrent d’abordd’une végétation de salicornes, puis la terre, moins saline, donne naissanceà des carex, et bientôt le trèfle rampant apparaît, sur le sol : c’est alors quel’homme doit chercher à s'emparer de ces plages nouvelles; elles le payerontlargement de ses peines. Autrefois les habitants du « geest », descendant à laconquête des terres basses, avaient soin de s’établir sur d’anciens îlots supé-rieurs au flux de marée, ou de se construire des buttes artificielles ouirttrlen, icnrfen , teieren, wierden, assez vastes pour recevoir leur demeureet leur grange et donner asile à hoirs bestiaux 2 . Chaque famille, semblable,pendant l’heure du Ilot, à uu groupe de naufragés, habitait ainsi un tertresolitaire, qu’il fallait consolider avec soin chaque année pour éviter que lamer ne l’emportât : on a trouvé sur ces tertres beaucoup de débris laissés parles hommes de Page de [lierre. Mais, depuis des siècles déjà, les travaux dedéfense entrepris par chaque groupe de cultivateurs pour son propre compten’ont plus qu’une faible importance en comparaison des oeuvres collec-
* Prcstcl, ü:i■ Botlen der Ostfriesischer. Ihdbinsel.
* Preste], — Kiitzen, Das deuhdie Larnl, t. I, p. '289 et suiv.