WENDES- ET SAXONS.
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ici. Relativement peu nombreux, les Wendes sont entourés de tous lescôtés par une mer d’Allemands . Considérés comme des inférieurs, ilsse sont vu fermer l’accès, non-seulement des professions libérales, maisaussi de plusieurs métiers; ainsi, pour avoir le droit de brasser de la bière,il leur fallait préalablement renier leur race et se germaniser. L’adminis-tration regarde la langue wende comme n’existant pas ; elle édicte les loisen allemand, interroge les témoins en allemand , fait rédiger les actes enallemand . L’école s’empare des enfants, non pour leur enseigner, maispour leur faire oublier la langue maternelle ; puis vient le service militairequi emmène les jeunes gens dans les villes de garnison prussiennes ousaxonnes ; quand ils reviennent, ils ne savent môme plus s’entretenir avecleurs parents. Les grands propriétaires sont tous Allemands et ne se don-nent point la peine d’apprendre le wende pour causer avec leurs ouvriers ;les usines qui s’établissent dans le pays et les chemins de fer qui traversentla région dans tous les sens ne profitent qu’au germanisme, par le mouve-ment incessant des voyageurs. Tout, jusqu’à l’horizontalité du sol, bâte ladésagrégation de la société wende. Dans la llaule-Lusaee, c’est-à-dire auxenvirons de Baulzen, là où les Wendes, rapprochés de leurs frères tchè-ques, s’appuient à des hauteurs qui ies empêchent d’ètre tournés par lesAllemands, ils ont assez bien maintenu leurs frontières depuis trois siècles;mais dans toute la plaine l’inondation germanique s’avance comme le feraitune nappe d’eau.
Le gouvernement prussien ayant cessé depuis 1861 de prendre une sta-tistique spéciale des Wendes, comme s’il ne valait plus la peine d’en tenircompte, on ne peut savoir au juste à quel nombre s’élève la population delangue slave des deux Lusaces, Ober-Lausitz et Nieder-Lausitz : c’est parune statistique purement approximative qu’on l’évalue à 156,000, dont50,000 pour la Saxe 1 et 86,000 pour la Prusse. A la fin 'du siècle, ilen restera quelques milliers à peine, à moins que des changements poli-tiques bien imprévus ne les rattachent à leurs voisins les Tchèques de laBohème. Sans cohésion d’aucune sorte, puisqu’ils sont partagés politique-ment entre la Prusse et la Saxe , qu’ils se scindent religieusement en pro-testants et en catholiques, et (pie même leur idiome se divise en deuxdialectes et en deux sous-dialectes, ils sont évidemment condamnés.Dernier reste des Slaves occidentaux, ils renforceront sous un autre nom
1849. ...... 49,‘217, soit 20 sur 1,000.
1861. 55,075 » 24 »
1875. 50.757 .•> 18 »