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Livre III. L'Europe Centrale.
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daires pour les ([iieslions administratives, religieuses, fiscales, el dans lesgrandes occasions se réunit en plénum; lorsque le président se trouve(Mi minorité dans ces assemblées, il peut en appeler au président supérieurde la province.

A la tète de chacune de ces grandes divisions du royaume, dont plusieurssont d’anciens Etats, se trouvent deux autorités, l’une chargée directementdes intérêts de la province, ce sont les étals provinciaux, l’autre, représen-tant les intérêts du gouvernement, c'est le président supérieur de la pro-vince, assisté d’un conseil. La diète provinciale doit être convoquée par lei'oi au moins tous les deux ans; elle peut l’être plus souvent, si les affairesl’exigent. Elle nomme son bureau, vote son budget, achète ou aliène lespropriétés, établit des impôts, contracte des emprunts, donne son avis surles projets de loi qui lui sont soumis, choisit le directeur et les membresde la commission permanente qui doit exercer dans la province sa partde pouvoir exécutif. L’élection participe également à la constitution du con-seil provincial qui doit assister le président supérieur et (pie l’on peut,assimiler au conseil de préfecture français ; de sept membres, cinq sontélus par la diète provinciale et dans son sein, deux sont nommés par h 1gouvernement. .Mais, quoique le vole semble avoir une importance considé-rable dans l’organisation politique du royaume, l’État n’y perd néanmoinsrien dosa puissance. Eue juridiction administrative supérieure, composéeuniquement de juges nommés par le roi, prononce sans appel dans tous lesconflits d’attribution entre les corps électifs et les représentants de l’Étal;en outre, le président supérieur de la province et le ministre de l’intérieuront le droit de s’opposer d’une manière absolue à toute décision désassem-blées ou de leurs délégués qui leur paraîtrait contraire aux lois ou auxintérêts du gouvernement.

11 n’est pas de contrée où cet être abstrait qu’on appelle l’Etat soit plusrévéré qu'il ne l’est en Allemagne , et surtout en Prusse. L’État n’est ni lesouverain, ni la patrie; la nation, avec sa langue, ses mœurs, sa vie intime,n’y est pour rien. L’État n’est autre chose que l’ensemble de la bureaucratie,avec ses rouages mystérieux, son fonctionnement secret, toute sa hiérarchieallant du roi au dernier candidat à l’uniforme; mais le peuple non classén’est pour lui qu’une masse bonne à recenser, à gouverner, à manipulerde toutes les façons.

La bureaucratie prussienne se distingue entre toutes par l’unité et ladiscipline : c’est une armée manœuvrant comme dans les revues qui précè-dent les batailles. Les fonctionnaires, les employés ne sont pas, commeailleurs, les premiers à médire de leur gouvernement, à en dévoiler les