Band 
Livre IX. L'Asie Antérieure.
Seite
144
JPEG-Download
 

144

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

vernements respectifs. C’est d’après les relevés faits sur le terrain pardeux généraux, l’Anglais W illiams et le Russe Tchirikov, qu’a été délimitéela frontière turco-persane dans le pays des Kourdes.

II

Sans limites naturelles précises du côté de l’est, où l’Afghanistan et leRaloulchistan continuent le plateau, les plaines et les montagnes del’Iran , cette contrée forme sur ses trois autres faces un ensemble géogra-phique bien distinct. Des plissements du sol au-dessus des oasis turkmèneset le long des côtes méridionales de la Caspienne , d’autres plissements aubord de la mer d’Oman et du golfe Persiquc, enfin des montagnes en gra-dins dominant les plaines de la Mésopotamie , constituent le rempart exté-rieur de la Perse. Dans l’intérieur de cette enceinte montueuse s’étendentdes plaines creusées vers le centre et n’offrant sur une grande partie deleur surface que des sables, des argiles dures et des salines. La populationde l’Iran s’est portée principalement sur le pourtour du pays, au nord, àl’ouest et au sud-ouest, dans les vallées qui fournissent l’eau nécessaire àses cultures; loin de se présenter en masse compacte, elle se distribueainsi en deux colonnes convergentes, l’une de l’est à l’ouest, l’autre dusud-est au nord-ouest, qui se rencontrent entre la Caspienne et la hautevallée du Tigre , dans la province de l’Aderbeïdjan ; c’est là, au point dejonction des deux zones de peuplement et de culture, que s’élève Tabriz ,la cité la plus populeuse de la Perse; là s’établit l’unité de la contrée. Sil’on néglige les irrégularités de détail, les régions peuplées sont disposéesen forme d’angle, coïncidant avec celui que présentent dans leur ensembleles chaînes bordières du plateau.

Au nord-est, la crête extérieure qui constitue la limite naturelle de l’Iran et du Turkcstan est en réalité, malgré l’éloignement et la cavité intermé-diaire de la Caspienne , le prolongement régulier du mont Caucase. La pénin-sule d’Apchéron, le seuil sous-marin, les bancs et les îlots qui vont rejoindrela pointe de Krasnovodsk en séparant les deux profonds abîmes de la Cas-pienne, enfin les deux massifs du Grand Balkan et du Petit Balkan indiquentde la façon la plus nette l’existence d’un axe de jonction entre le grandCaucase et le « Caucase des Turkmènes » qui, sous les divers noms deIvouran dagh, Kopet dagh, monts de Gulistan, Kara dagli, se continuejusqu’à la cassure dans laquelle passe le Hcri-roud : au delà, les montagnes,qui se reploient dans la direction de l’est, puis du nord-est, appartiennent