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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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MONTAGNES DES TURKMÈNES.

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au système du Paropamisus. Toute cette région du Caucase des Turkmènescommence à être connue dans ses détails topographiques, grâce aux explo-rations des géomètres russes chargés de délimiter la frontière. La carteau 84000 e , achevée depuis quelques années pour la région du bas Atrek, secontinue pour tout le Daman-i-koh ou « Piémont » turkmène jusqu’auxoasis de Sarakhs et de Merv .

En vertu du traité de limites ratifié en 1882, de riches vallées tributairesde l’Atrek, possédant de vastes pâturages et de magnifiques forêts de chêneset de cèdres, ont été rendues à la Perse; mais en échange les Russes suc-cèdent à l’Iran dans leurs prétentions à la suzeraineté de Merv , la « clef del’Inde »; ils ont pris aussi à la Perse quelques-unes des vallées du Kopet-dagli, à l’ouest d’Askhabad et au sud de la forteresse rasée de Gôk-tepe,naguère si vaillamment défendue; en cet endroit, qui rappelle les exploitsde la conquête, ils se sont attribué tout le versant de la montagne, jusqu’aufaîte de partage, et disposent ainsi à leur gré des eaux qui arrosent leschamps et les jardins de leurs sujets les Turkmènes.

Ce qui donne une importance exceptionnelle à cette chaîne bordière del’Iran , c’est qu’elle possède des sources et des ruisseaux dont l’eau s’éva-pore à une faible distance des montagnes dans les sables de la plaine.J.es Persans, habitants de la région haute, sont les propriétaires naturelsdes fontaines et ils en usent pour l’irrigation de leurs champs. Mais sous ceclimat, dont le ciel est trop avare de pluies et où les étés sont brûlants,l’eau est rarement assez abondante pour satisfaire tous les riverains; gensd’amont, gens d’aval deviennent forcément les ennemis les uns des autres.Quand les montagnards cultivateurs, appuyés sur des armées, disposaient dela force nécessaire, ils ne manquaient pas d’utiliser jusqu’à la dernièregoutte l’eau de leurs torrents; ils en suivaient le cours, établissant desbarrages de distance en distance, creusant des canaux sur les pentes,accroissant à droite et à gauche la zone des cultures. Aux époques de lapuissance persane, toute la zone de l’Atok ou « Arrêt des Eaux », —c’est-à-dire le Daman-i-koh, — était envahie par les Iraniens : les Turk-mènes étaient rejetés dans le désert, une rangée de villes et de forteressesdéfendait contre eux la région des terrains cultivables, où se perdaient lesderniers filets humides 1 . Mais aussi, quand les redoutables cavaliers tur-eomans s’étaient ouvert une brèche dans la ceinture de forts, avec quellefurie de vengeance ils brûlaient les villes, capturaient ou massacraient leshommes qui les avaient privés de l’eau nourricière, des fraîches vallées, de

1 H. Rawlinson, Proceedings of tlie Geographical Society, jauuary 1885.

is.

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