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io roc sourcilleux d’Alamout ou « Nid d’Aigle », dont le « Vieux de laMontagne », le roi-prètre des « Assasins », c’est-à-dire des fidèles enivrésde « hachich », avait fait sa principale forteresse et le dépôt de sesrapines. Après un long siège, celte place fut prise par les Mongols en 1:270;les autres cent châteaux de la secte durent également se rendre; mais lareligion, dite des Ismaïli , existe encore, et le descendant direct du Vieux dela Montagne réside à Bombay, paisible sujet britannique, entretenu par lesimpôts volontaires de ses fidèles *.
n Au delà du Takht-i-Soulaïman s’allongent les croupes pâtureuses duSaman, les monts s’abaissent et la chaîne est traversée dans toute sonépaisseur par un fleuve abondant, le Sefid rond (rivière Blanche), qui naîtdans les montagnes du Kourdistan, et qui longe sur un espace d’environ200 kilomètres la base méridionale de l’Elbourz avant de trouver labrèche qui lui permet de s’échapper vers la Caspienne : à l’ouest du Ileriroud, le Selid rond est le seul cours d’eau qui perce de part en part larégion faîtière formant le diaphragme de l’Asie occidentale. Aussi cettebrèche, fort curieuse au point de vue géographique, ne l’est pas moins parles phénomènes de son climat local. Tous les voyageurs parlent du redou-table vent du nord, qui pendant l’été monte de la mer Caspienne et pénètredans la gorge du Sefid roud, d’abord peu violent, mais gagnant incessam-ment en force à mesure qu’il s’engage plus avant dans le défilé, et soufflanten ouragan à l’issue de la cluse, là où le pont de Mendjhil traverse le tor-rent ; les vapeurs légères apportées par ce vent de la mer se condensentsur le plateau au contact de couches d’air plus froides et vont en nuagesépais s’enrouler autour des monts. Après les premières heures de la journée,on se garde de passer sur le pont de Mendjhil, de peur d’ètre emportépar le vent ; les animaux refusent eux-mêmes d’avancer. On comprendfacilement l’origine de ce courant atmosphérique : pendant les chaudesjournées d’été, les vallées garanties des vents du nord par les massifs del’Elbourz s’emplissent d’une atmosphère brûlante ; l’air de la Caspienne ,attiré par ce foyer d’appel, se précipite dans l’entonnoir du Sefid roud etsans relâche s’introduit sous les couches ascendantes de l’air du plateau.En hiver, c’est le phénomène contraire qui a lieu : le vent froid des hau-teurs s’engouffre dans la gorge du Sefid, appelé par la température moinsfroide de la Caspienne 2 .
La chaîne de montagnes qui reprend de l’autre côté de la rivière
' H. Yule, The Book of ser Marco Polo .
- Aucher Eloy, Relations de Voyages en Orient; — Houtum Schimllcr, Zeitschrift der Gesell-schaft filr Erdkunde zu Berlin , 1870; — Melgounov, ouvrage cité.