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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Blanche pour contourner la haie d’Enzeli, puis se reployer au nord et pro-jeter dans la mer ces promontoires d’Astara, d’où s’écoule le torrent quimarque la frontière entre la Perse et la Russie , est considérée d’ordi-naire comme appartenant à un système orographique distinct de celui del’Elbourz ; elle est le prolongement des monts de Talîeli, dont les premièrescollines s’élèvent dans la Transcaucasie au-dessus de la steppe de Mougan.La crête de ces monts est, en droite ligne, à une vingtaine de kilomètresdes plages easpiennes; en maints endroits les escarpements se présententcomme un rempart au-dessus de la mer. Pourtant plusieurs brèches de lachaîne permettent de gagner le plateau de l’Aderheïdjan, et deux cheminsqui partent, l’un du poste russe d’Astara, l’autre du petit port de Kcrgan-roud, traversent la montagne à 1980 mètres; plus au sud, un sentier quicontourne les pentes septentrionales de l’Ak dagli n’a pas moins de 2700mètres. Entre ces deux versants du Talich, le contraste est soudain : d’uncoté, on aperçoit la mer entre les branches des arbres croissant sur la penterapide; de l’autre s’étendent les pentes doucement ondulées d’un plateaupresque dépourvu de végétation 1 .
L’étroite zone littorale qui forme entre les montagnes et la Caspienne lesdeux provinces de Gliilan et de Mazanderan est une, contrée tellement diffé-rente de la Perse par l’aspect, la nature du sol, le climat, les productions,qu’on doit y voir plutôt une dépendance géographique de la Caucasiequ’une partie de l’Iran , auquel ce territoire se rattache politiquement. Lecontraste est si grand entre le plateau s’étendant au midi de l’Elbourz et les vallées fertiles de sa hase septentrionale, que maints auteurs ontcherché dans cette opposition tranchée une des causes principales dudualisme qui constitue le fond de l’ancienne religion persane. Il est vraique si le Mazanderan , comparé aux apres solitudes du plateau, représenteun paradis par l’abondance de ses eaux, la force et l’éclat de sa végétation,la fécondité de scs jardins, il est aussi le pays du mal par les bêtes férocesqui parcourent ses forêts, par les moustiques dont les essaims obscurcissentl’atmosphère, et surtout par l’air fiévreux qui naît de ses marais et décimeles habitants : cette contrée si belle était précisément celle que peuplaientles mauvais génies. « Si tu veux mourir, va dans le Gliilan, » dit un pro-verbe de la Perse. Une autre cause qui devait faire considérer le basMazanderan comme un pays maudit, comparé aux régions supérieures,c’est que les « héros », c’est-à-dire les conquérants, vivaient dans la mon-tagne et sur les collines avancées, tandis que dans les régions de la plage
1 Thielmann, Slreifzüge im Kaukasus, etc; — lLintsche, Talysch , eine geoymphisclie Skizze.