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MORTELLE GÉOGRAPHIE U.MVERSELLE.
suffirait de réparer le barrage et les écluses d’Alnvaz pour que des bateauxà vapeur de 000 tonneaux et de 120 chevcaux de force pussent monter jus-qu’à Clioustcr.
Les eaux qui descendent vers les bassins intérieurs sont en proportionbeaucoup moins abondantes encore que celles des versants maritimes : lapreuve en est dans l'assèchement de ces innombrables dépressions du pla-teau, dont toute l'humidité s’est évaporée ou bien se perd dans les vasesdes marais salins. Un lit de rivière, qui descend des montagnes de Khouz,entre au sud dans le désert de bout et traverse dans toute sa longueur larégion des solitudes; mais, de mémoire d’bomme, on ne l’a jamais vurempli d’eau; même dans les années pluvieuses, le courant ne dépasse pasla région des cultures, et pourtant ce lit est profondément creusé dans lesol par l’action longue et constante d’un ancien courant; ce serait là unedes nombreuses preuves d’un changement de climat dans le plateau d’Iran 1 * * 4 ;d’après la tradition, la mer du grand désert s’écoula en un jour, lors dela naissance de Mahomet 5 . Actuellement, la quantité des pluies, très faibledans toute la Perse, si ce n’est sur les pentes septentrionales de l’Elbourz ,est moindre encore sur les régions du plateau ; en moyenne, elle ne sau-rait être évaluée à une tranche annuelle dépassant 25 centimètres, etdans la Perse centrale, de même que sur les confins du Baloutcbislan,elle est encore de moitié moins forte 5 . La cause de cette pauvreté du cielde la Perse en nuages et en pluies est la même que dans les régionssituées plus à l’est : l’origine des vents est franchement continentale. Tan-dis que les deux grands bassins maritimes d’où proviennent les averses,d’un côté l’océan Indien , de l’autre la Méditerranée, sont situés au sud-ouest et à l’ouest, les courants aériens qui luttent pour la prépondéranceet qui se succèdent sur le territoire persan sont le vent du sud-est, quivient de passer sur l’Afrique et l’Arabie, et le vent du nord-est, qui a dûtraverser le continent dans presque tout son diamètre, de la Sibérie po-laire aux steppes du Turkcstan : c’est ce vent redouté des « cent vingtjours »,qui souffle dans certaines parties de la Perse, notamment dans leSeïstan, avec une telle violence, que les arbres ne peuvent prendre racinedans le sol * : c’est dans cette contrée venteuse que s’est faite, paraît-il,l’invention des moulins à vent 5 . Aussitôt après la récolte, des ailes en jonc
1 N. de Khanikov, Mémoire sur la partie méridionale de l'Asie centrale .
- Khanikov ; — Stewart, Proceedings of lhe Geographical Socielg, 1881.
5 Oliver Saint-John , Easlern Persia; — Mittheilungen von Petermann, 1877.
4 Bellew, From lhe Indus io tlie Tigris; — Mac Gregor, Journey through Fhorassan.
5 Barbier de Meynard , Dictionnaire de la Perse,par Yacout ; — Reinaud, Géographied‘Ahoulféda.