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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

paiement près du littoral, dans le voisinage de Bandar Abbas , est fort re-douté des voyageurs; ils racontent que les personnes suffoquées bleuissentpromptement et que leurs membres se détachent.

Ou comprend avec quel soin jaloux les agriculteurs persans, ceux dumoins que l’oppression n’a pas détournés de tout labeur, cherchent à cap-ter à l’issue des montagnes le moindre filet d’eau pour l’utiliser dans leurschamps et leurs jardins, où il se change on sève et en fruits. Les aque-ducs souterrains, connus en Perse sous le nom de kunat ou kunot, sont,comme en Afghanistan , creusés avec une sorte de divination, entretenusavec zèle, car la vie de tous en dépend ; quand les eaux profondes vien-nent à manquer par suite d’un dessèchement général de la contrée ou parl’effet des éboulements, les villages sont abandonnés. Les cultures ne sontguère possibles que dans les vallées des montagnes, car la Perse n’est pasun pays de pluies estivales; il n’y pleut d’ordinaire qu’en hiver et au prin-temps; l’été se passe en entier sans que le ciel soit troublé par un orage.Durant cette saison, il ne se trouve donc un peu d’eau que dans les régionsalpines, où la fonte des neiges alimente les sources profondes; en bas, lesol est doublement desséché, d’un côté par la chaleur du soleil, de l’autrepar le drainage souterrain des kanat *. Eu dehors des hautes vallées, com-bien peu ce pays triste, nu, brûlé de la Perse, ressemble aux régionsidéales évoquées par les poésies de flafiz et de Sadi! 11 faut voyager long-temps sur le plateau et redescendre dans les dépressions intermédiairesdu Tengsir avant de trouver les bosquets odorants pleins d’oiseaux chan-teurs et les frais ruisseaux coulant sous les buissons de roses. Ces mer-veilles sont des créations du poète, cherchant dans son imagination ce quela nature ne lui offrait pas. Le célèbre Band-Emir chanté par les poètes del’Orient et de l’Occident comme un beau llcuvc coulant sous les frais om-brages n’est qu’un canal détourné par une digue de la petite rivière quitraverse la plaine de Pcrsépoüs. Tellement précieuses sont les eaux dansce pays aride, qu’un vulgaire réservoir est célébré comme le serait ailleursun lac aux eaux transparentes, bordé de pittoresques rochers et de pentesombreuses!

Au nord-ouest du plateau d’Iran , mais déjà dans la région des hautesterres arméniennes, se trouve le plus vaste réservoir d’eau de la Perse,le seul qui mérite vraiment le nom de lac : c’est la Dariatcha ou « PetiteMer», le lac d’Ourmiah , de Maragha ou de l’Armenislan, que domine àl’orient le haut massif du Seliend. Les îles du lac, ses promontoires, la

1 IL Yule, The Book of ser Marco Polo .