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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
se sont de tous les côtés rattachées à la terre ferme. Mais, d’autre part, lelac avait été autrefois assez lias pour qu’un souverain des âges mythiques,Roustem ou Djemchid, ait pu construire à travers la partie méridio-nale du bassin, entre Üurmiah et la rive opposée, une digue servant enmême temps de chemin pour les hommes et les chars : nombre d’indigènesprétendent avoir vu les vestiges de cette chaussée sous l’eau transparente;au commencement du siècle, un chef afehar, n’ayant pas d’autre moyende traverser le lac, aurait suivi la digue, sans y trouver nulle part plusde quatre pieds d’eau 1 .
Depuis que des Européens visitent la contrée, rabaissement du niveaulacustre a été considérable, ce qui s’explique d’ailleurs par le fait queles cultures se sont étendues, utilisant par conséquent les eaux d’irrigationd’une manière plus complète. L’accroissement et la diminution du terri-toire cultivé ont sur la contenance du bassin lacustre une influence directe,probablement plus importante que les oscillations du climat avec leur alter-nance de sécheresse cl d’humidité. Que les versants du lac se couvrent dechamps cultivés, et l’eau, retenue en route, ne peut plus atteindre la cavitécentrale; qu’ils se dépeuplent, au contraire, laissant les torrents reprendrela liberté de leur cours, le bassin dans lequel ils se jettent s’accroît denouveau. La ligne changeante des plages indique ainsi par ses empiète-ments et ses reculs les balancements de l’histoire elle-même pour les popu-lations riveraines : c’est là un phénomène analogue à celui que Ilumboldt etBoussingault ont décrit pour le lac de Ticaragua ou Yalencia; mais sur lesbords de la mer de l’Azerhcïdjan, les résultats doivent être beaucoup plusconsidérables. Le bassin du lac d’Ourmiah , jusqu’à la ligne de partage oùnaissent tous ses aflluents, dépasse 50000 kilomètres carrés, et la massed’eau pluviale tombée dans cette région, ne fùt-elle en moyenne que de25 centimètres par an, représente une masse totale d’au moins dix mil-liards de mètres cubes, soit à peu près la moitié de l’eau amassée dans lacavité centrale. Suivant la proportion des écoulements, que règle la cul-ture des terres environnantes, les contours du lac doivent changer d’au-tant plus rapidement que la nappe d’eau s’étale en moindres épaisseurs.Puisque la superficie du lac Majeur , pourtant si profond, change d’unequarantaine de kilomètres carrés entre la période des sécheresses et celledes crues, on peut juger des alternances que présente la surface du lacd’Ourmiah , dont une si grande partie n’est guère qu’un marécage. La na-vigation ne peut évidemment avoir d’importance sur ce bassin sans pro-
' Cari Ritter, ouvrage cité; — IL Rawlinson. etc.