LAC D’OURMIAII.
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huileux de cette décomposition donnent une telle consistance à la surfaceliquide, que, même sous l’impulsion d’une brise violente, l’eau pousséecontre les plages ne se soulève pas en vagues ; en hiver, celte masse, àdemi congelée, se change en une espèce de bouillie.
lies fontaines abondantes jaillissent du fond du lac en maints endroits,traversant la masse saline de leurs colonnes d’eau pure; mais les sourcesles plus remarquables coulent près du rivage, au nord-ouest du lac, dans levoisinage de la plaine du Sehnas, et au sud-est, non loin du village deDihkergan. Ces sources sont connues sous le nom de « fontaines demarbre »; d’après l’opinion commune des indigènes, que partagent la plu-part des voyageurs européens, elles déposeraient en effet des couches mar-moréennes; c’est à elles certainement qu’il faut attribuer la formation deces assises que l’on exploite dans les environs de Dihkergan et qui ontfourni des matériaux aux plus beaux palais de la Perse et de l’Asie Anté-rieure. Ce « marbre de Tabriz » est ordinairement d’un blanc de lait,jaunâtre ou rosé, et présente l’éclat du quartz; souvent il forme des con-crétions pareilles aux stalactites, et les oxydes qu’il contient le nuancentdes plus belles couleurs. Il s’est très probablement déposé à l’époque oùles fontaines, dont la température actuelle ne dépasse pas 18 degrés centi-grades, avaient une chaleur beaucoup plus élevée; de nos jours, elles nelaissent plus à leur issue que de petits feuillets très minces et d’un blancde neige, d’ailleurs complètement semblables en composition au marbre duvoisinage. En outre, les sources déposent des tufs grossiers, dont quelques-uns se mêlent au limon en agglomérations noirâtres. La plupart des sourcesjaillissent de cônes de travertin qu’elles ont elles-mêmes déposés; quandelles ont obstrué leurs issues, elles s’ouvrent un passage au pied des an-ciennes buttes et en érigent graduellement de nouvelles 1 .
Le niveau du lac d’Ourmiah a fréquemment changé. D’après la traditiondes riverains, le bassin s’étendait jadis sur un espace beaucoup plus con-sidérable; mais il fut aussi un temps où il était réduit à de bien moindresdimensions : un monstre prodigieux, disent-ils, vit au fond du lac et tan-tôt boit, tantôt revomit les eaux de la Petite Mer. Que le lac d’Ourmiah ailété plus étendu jadis, l’aspect même de la contrée le démontre; d’an-ciennes [liages se prolongent au loin à une distance considérable du rivageactuel, sur le pourtour de rochers maintenant éloignés des flots ; desîles, telles que la montagne de Chahi ou mieux Chah-i-kouh, au nord-ouest du lac, vers Tabriz , sont devenues des péninsules, et des presqu’îles
1 Chardin, Voyages en Perse; — Moritz Wagner, ouvrage cité.