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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
distribution ethnique a probablement peu changé. Le groupe des Turcs etdes Turkmènes, qui vient immédiatement après les Iraniens par ordred’importance numérique, représente la race conquérante ; mais, comme les■Mandchous en Chine , il subit l’inüuence de la race conquise. Les Turcs,il est vrai, disposent ofliciellemcnt du pouvoir et l’armée se recrute presqueen entier dans leurs rangs; mais les Persans travaillent avec plus d’in-telligence : ils se sont emparés de l’industrie manufacturière, dirigent lesaffaires, constituent, en un mot, la part civilisée de la nation. Comparésaux Iraniens, les Turco-Tartares de la Perse ont le crâne moins allongé,la face moins ovale, les traits moins expressifs, les yeux moins grands,le nez plus gros, la mâchoire plus large et plus solide. En général, ils sontde taille plus élevée et de musculature plus forte; à côté des Persans,ils semblent lourds et gauches. Ils sont aussi beaucoup moins rusés etsouvent laissent retourner dans les mains du Persan ce qu’ils lui avaientd’abord enlevé par la force. D’ailleurs ils méprisent les anciens maîtresdu pays, et dans les districts purement persans ils n’obéiraient qu’avec tropde facilité aux paroles de chefs leur ordonnant de mettre les villes à feuet à sang. Mais, en dépit de la commune origine, ces Turcs de Perse ontaussi toujours combattu les üsmanli avec un extrême acharnement ; lahaine de secte les éloigne beaucoup plus des Anatoliens que la différencede race ne les sépare de leurs concitoyens persans, chiites comme eux. Leuridiome diffère un peu de celui des Osmanli et se prononce beaucoup plusdurement; cependant les Turcs de l’Asie Mineure et ceux de la Perse secomprennent. Parmi ceux-ci il en est peu d’ailleurs qui ne connaissentaussi le persan, mais il est rare qu’ils le parlent avec pureté. Pendant lapremière moitié du siècle, la langue de la cour était le turc; de nos jours,c’est le persan.
La tribu turque à laquelle on concède aujourd'hui le premier rang estcelle des Kadjar, qui défendait le passage de l’Atrek et dont le chef a prisle gouvernement du royaume d’Iran ; néanmoins il a gardé l’orgueil de sarace étrangère : les monnaies du chah des Persans, en même ^ s khandes Turcs, font encore, à la suite de son nom, mention de son titre deKadjar. Les Afchar, qui jadis avaient la prééminence nobiliaire et dontune tribu donna naissance au conquérant A’adir-cbab, le « Fils de l’épée»,sont restés de beaucoup les plus nombreux; au commencement du siècle,leurs diverses tribus comprenaient 88 000 familles. Les Kara-gozlu deIlamadan, les Chah-seven d’Ardebil sont aussi des peuplades puissantes,et la dernière a le privilège de fournir au chah ses cent gliolam ou gardesdu corps. Les territoires où la ' on turco-tarlare se trouve le plus