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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

montreurs d’ours, les prestidigitateurs, mais on confond d’ordinaire sousce nom les gens des tribus les plus diverses, associés les uns aux autrespour le vol et le brigandage.

Les Arméniens, jadis fort nombreux sur le territoire persan, ne sont plusreprésentés maintenant dans le pays (pie par de faibles communautés. Lagrande majorité de ceux qui peuplaient les districts septentrionaux de laprovince d’Azerheïdjan, soit de quarante à cinquante mille individus, quit-tèrent la Perse en I 8t28, pour aller s’établir dans l’Arménie russe, où lamoitié succomba de froid et de faim; deux mille cinq cents familles seule-ment étaient restées dans le pays. Kn' dehors de l’Azorbeïdjan, les Armé-niens de la Perse ne -sont que des immigrants. En 1(105, lorsque le chahAbhas P r les lit émigrer de leur patrie des bords de l’Araxe , coupant lescanaux et les ponts, démolissant même les demeures sous les yeux des ban-nis, douze mille familles transférées à Ispahan survécurent aux fatiguesde l’exil et bientôt s’enrichiront par leur travail ; Chardin, qui vil à Ispahan la colonie arménienne dans toute sa prospérité, vante son industrie et sonintelligence commerciale; mais, depuis celte époque, l’oppression des gou-verneurs avait réduit la plupart des Ilaïkanes à la misère. Dans ces der-niers temps, ils sont considérés presque comme des sujets russes et jouis-sent de la protection spéciale du puissant ambassadeur, dont les conseilssont presque des ordres; leur situation s’est fort améliorée, mais quelques-unes de leurs communautés sont encore peu florissantes, et presque tousleurs jeunes gens émigrent pour aller chercher fortune en Transcaucasie , àConstantinople, dans l’Inde et jusqu'à Java et en Chine . Interrogé par levoyageur Polak, le patriarche d’ispahan, dont le diocèse s’étend de llama-dan à Batavia, évaluait à vingt mille seulement les ouailles dispersées deson troupeau. Dans les liantes vallées situées au nord-ouest d’ispahan,quelques villages sont habités uniquement par des cultivateurs haïkanes,vaillants montagnards qui se distinguent singulièrement des Arménienstimorés des villes et qui savent défendre leurs récoltes contre les pillardsbakhtyari des alentours 1 .

Los Juifs sont encore moins nombreux que les Arméniens sur le terri-toire persan; on n’en compte pas même vingt mille, avec ceux qui pra-tiquent leur culte en secret, mais que l’on sait être de faux convertis:très méprisés, ils habitent dans chaque ville un ghetto, pareil à ceux qui setrouvaient autrefois dans les villes d’Europe , et leurs maisons ont desportes basses où l’on se courbe en entrant et qu’il est facile de barricader.

1 Houtum Schindler, Zeitschrift der Geseltschaft für Erdkunde zu Berlin , 1S77.