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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

les sectes de fondation nouvelle, il en est qui cherchent à se rapprocherde l’ancienne religion de Zoroastre , et travaillent même à la restaurationdu culte ancien 1 . La grande épopée persane, le Chah-nameh de Firdousi ,célèbre le culte des aïeux en termes qui semblent voiler une certaine ironiecontre la religion nouvelle : « Nos pères adoraient aussi Dieu . Les Arabesse tournent dans leurs prières vers une pierre, eux se tournaient vers lefeu aux vives couleurs. » De nombreuses cérémonies civiles de la Perserappellent l’ancien culte. Ainsi, dans le kborassan, lorsqu’une députationde villageois vient à la rencontre d’étrangers pour leur faire honneur, lesdélégués portent, en été comme en hiver, un pot rempli de braise ardente 2 .Dans tonie la Perse, la fêle par excellence est celle du Neurouz, célébrée le2U mars en l’honneur du renouveau solaire.

Gomme intermédiaires du commerce avec l’Inde, les Guèbres de Yezd etde Kirman ont un rôle d’une certaine importance, et dans leur trafic ilsse distinguent des Persans par la sûreté de leur parole. Au point de vuereligieux, la plupart se laissent gouverner aveuglément par leurs prêtresou mobeil, qui répètent des prières et des formules en pchlvi, qu’ils necomprennent pas eux-mêmes. Les cérémonies, très compliquées, sont deve-nues la religion tout entière et l’attention des officiants se porte exclusive-ment sur l'attitude à prendre, les paroles à prononcer, l’ordre dans le-quel doivent être placés les foyers sacrés, les branches bénites du borna(sarcoslema vimmalis), les coupes contenant le jus de la plante divine, lesvases d’encens, les mortiers où se broient et se mélangent les ingrédientsdes gâteaux traditionnels; l’initiation des garçons ne consiste qu’à leurdonner la chemise qui les protégera contre les inlluences du démon, puisà les ceindre de l'écharpe qui leur procurera la force et la vertu poul-ies bonnes œuvres. L’antique foi dualiste s’est graduellement transforméeen monothéisme; sauf les pratiques, la religion des Guèbres persans neprésente aucune différence avec celle des musulmans voisins. Pour se fairebien venir de ceux-ci, les adorateurs du feu prétendent que Zerdoucht ouZoroastre , l’auteur de leur livre sacré, est le même personnage que juifs,chrétiens et musulmans, tous « gens du livre », connaissent sous le nomd’Abraham ; dans toute discussion, les interlocuteurs leur concèdent poli-ment qu’il en est ainsi 0 . Une sorte de schisme s’est produit entre les Parsi de l’Iran et ceux de Bombay, mais la cause en est purement matérielle etne tient nullement à des questions de dogme : séparés les uns des autres

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1 E. Renan , Mélanges d’histoire et voyages.

- A. de Khanîkov, Mémoires sur l’Ethnographie de la Perse.

5 De Golimeau. Religions et Philosophies dans l'Asie Centrale ,