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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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Gl'EBRES, CHIITES.

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pendant des siècles, les deux groupes de religionnaires ont cessé d’avoirle même calendrier et prononcent diversement certains mots de la litur-gie 1 . Guèbres de l'Iran et Guèbres de l’Inde ont le même cérémonial, etlivrent également leurs morts aux aigles et aux vautours. Presque toutesles unions se font entre proches parents, cependant on n’a point remarquéque les Guèbres soient inférieurs à leurs voisins mahométans pour lapureté du sang et la beauté des traits. l)u reste, chez tous les Persans, lespremiers mariages se font presque toujours entre cousins germains.

Les neuf dixièmes de la population persane appartiennent officiellementau mahométisme chiite : on peut dire que le patriotisme national a priscelle forme religieuse pour réagir contre les Arables et les Turcs. Les limitesde la secte correspondent d’une manière générale avec celles de la nation,ef même en plusieurs endroits elles coïncident parfaitement : la frontièredes religions est, aussi bien marquée que celle des Etats. Tout en impo-sant leur culte, les conquérants arabes, les « Mangeurs de lézards », ainsiqu’on les désigne avec mépris, n’étaient point devenus les frères de cesvaincus auxquels ils avaient apporté leur foi; un demi-siècle ne s’était pasécoulé depuis l’invasion de la Perse et la chute de la dynastie des Sassanides ,que la réaction politique commençait à se faire, mais comme simple reven-dication dynastique : les Persans tenaient plus que les Arabes eux-mêmesau maintien du califat dans la famille de Mahomet . C’est qu’Ali, le neveuet gendre du prophète, avait donné pour épouse à son lils llousseïn la der-nière fl 1 le du roi sassanide Yezdidjerd : le sang du prophète et celui dessouverains héréditaires de l’Iran se trouvaient ainsi réunis dans la familled’Ali. Mais lorsque le malheureux calife eut été massacré dans la mosquéede Ko il fa, lorsque ses fils llousseïn et Hassan eurent été égorgés avec pa-rents et amis dans la e de Kerhela, la dynastie sassanide s’éteignit enmême temps que celle de Mahomet . Grande fut la douleur parmi les mu-sulmans de Perse , et les circonstances horribles dans lesquelles s’étaitaccompli le drame ajoutèrent au sentiment de pitié que l’on ressentaitpour la famille exterminée. La légende s'empara bientôt de ces faits poul-ies transfigurer, en faire une lutte entre les deux empires, deux religions,deux forces à jamais ennemies comme celles de l’ancien dualisme mazdéen.Les partisans d’Ali le placèrent sur le même rang que Mahomet ; ils enfirent le « lieutenant », le ivali d’Allah : chez un grand nombre de chiites,Ali est la divinité par excellence, le successeur d’Ormuzd ; une secte spé-ciale, celle des Ali-Allahi, Aiosaïri ou Xaseri, qui comprend non seule-

1 Martin Ilaug, Essatjs on lhe Sacred Language , Writings and Religion of the Partis.