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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
ment des Iraniens, mais aussi des Turcs et peut-être même des fragmentsde tribus juives et ncstoriennes, ne fait aucune différence de nature entreAllah et la dernière et la plus parfaite de ses mille et une incarnations ter-restres, le calife Ali 1 . 11 est aussi des sectes qui se vouent à l’adoration spé-ciale des douze imam, les descendants du calife vénéré. D’autre part,Omar est considéré comme une sorte de Satan, que le vrai fidèle doit mau-dire. Tous les ans un jour spécial est consacré à la célébration de la mortd’Omar et les pèlerins vont en foule à Kaclian visiter le prétendu tombeaude son meurtrier.
La secte chiite, d’abord persécutée, conquit graduellement toutes lespopulations persanes, mais elle, ne devint religion d’Etat que dans les pre-mières années du seizième siècle, avec la dynastie des Sefvides. Elle faitencore des prosélytes, à l’est dans l’Afghanisfan, au nord-ouest chez lesTarlares de la Transcaucasie , enfin dans la Perse elle-même, et témoignede sa vitalité par le développement d’une littérature nationale, née dans lepeuple, en dehors de l’inllucnce des prêtres. Autrefois les scènes commé-moratives célébrées en l’honneur d’Ali et de ses fils consistaient seulementen prières, en lamentations, en processions funèbres, accompagnées deces tortures volontaires qui font des cérémonies chiites un si effroyablespectacle 5 . Les personnages du drame, Ali, llousscïn, Hassan, les enfantset les femmes massacrés à Kerbcla, figuraient dans ces représentations,mais en témoins muets du crime; ils ne parlaient ni n’agissaient, tandisque de nos jours ils sont devenus acteurs; les tnzich, comparables aux« mystères » du moyen âge, sont maintenant de véritables pièces dans les-quelles les auteurs, inconnus pour la plupart, ont introduit les mono-logues, les dialogues, les péripéties imprévues, osant même toucher à lalégende pour donner aux situations un intérêt plus poignant. Des troupesd’acteurs, composées presque toutes d’ispaliani, qui sont parmi tous lesPersans réputés comme ayant la voix la plus sonore et l’accent le plus pur,se sont formées pour donner des représentations théâtrales dans les diversescités de l’Iran , et de nombreux artistes, surtout ceux qui figurent les enfantset les femmes de la famille du prophète, sont arrivés à la gloire et à lafortune. Sur quelques scènes on a représenté d’autres mystères que lemassacre dé Kerbela : peu à peu un théâtre national se constitue 3 . Lesfamilles des seïd ou aeyed, parents du prophète Mahomet , qui forment aumoins la cinquantième partie de toute la population persane, prennent une
‘ Loftus, Travels and Rcsearchcs in Chaldæa and Susia7ia.
i Verecha"uine, Tour dit Monde, 1868.
3 De Gobineau , Les Religions et les Philosophies datis l'Asie Centrale.