RELIGIONS, VILLES RE LA PERSE.
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Bab, qui réside en Turquie d’Asie et que visitent les pèlerins persans attiréspar les sanctuaires de Kerbela et de Medjef. Quelle que soit la puissanceréelle dont il dispose, il n’en est pas moins certain que la Perse traverseactuellement une période critique de son histoire ; bien des changementsintimes, indiquant un développement original de son génie, promettent des’accomplir dans ce pays, au moment même où la pression de l’extérieur,croissant de plus en plus, menace la Perse de lui faire perdre jusqu’ausemblant d’indépendance politique.
Fort sociables et d’ailleurs obligés de se grouper à cause de l’insecuritédu pays et des nombreuses guerres qui ont dévasté la contrée, les Persansont un grand nombre de villes : proportionnellement à la populationtotale, la part des cités est beaucoup plus considérable que dans la pénin-sule Cisgangétique : mainte ville est tout à fait isolée dans le désert, sansfaubourgs dans sa banlieue, sans maisons éparses dans les campagnes desalentours. La superficie occupée par les agglomérations urbaines est engénéral beaucoup plus grande qu’elle ne le serait en Europe pour unmême nombre d’habitants. Les maisons sont basses et entourées de courset de constructions diverses. Les palais des hauts personnages, avec leursdépendances, forment de véritables quartiers où l’étranger peut s’égarerdans le dédale des passages et des cours. Mais, si vastes et si agréablesque soient ces demeures, il est rare qu’on les habite longtemps; presquetoujours le nouveau propriétaire laisse tomber eu ruines le palais deson prédécesseur : soit par simple amour du changement, soit, plus fré-quemment encore, pour éviter le mauvais sort qui a frappé celui qu’ilremplace, il élève d’autres constructions à côté des anciennes, et la villes’agrandit d’autant. La peur d’un destin fatal fait déplacer aussi villages,bourgades et cités : à côté de villes nouvelles, on voit s’étendre au loin devastes ruines que les habitants eux-mèmes ont volontairement faites pourobtenir une meilleure chance. Tous les débris qui couvrent le sol, amasde boue que dissolvent les pluies, ne sont donc pas, comme l’ont cru denombreux voyageurs, des preuves que la contrée était jadis beaucoup pluspopuleuse ‘.
Mais il est des cités qui doivent se maintenir à la même place, soit àcause des avantages naturels de la position ou des fontaines qui y jaillissent,
1 Mac Gregor, Narrative of a Journet) throuyh Khorassan ; — Polak, Pcrsien and seine Bcuioh-ncr; — J. Diculafoy, Tour du Monde, 1885.
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