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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

soit à cause des souvenirs religieux qui s’y rattachent. Telle est la ville deMeclied, la capitale actuelle du Khorassan ou «Pays du Soleil », l’agglomé-ration urbaine la plus populeuse de la Perse nord-orientale. C’est au tom-beau de l’imam Re/a, l’un des disciples d’Ali, qu’elle doit toute son im-portance; avant que ces ossements n’attirassent la foule des pèlerins, la« sainte Meclied» n’était qu’un simple village, quoique une légende d’ori-gine moderne en attribue la fondation au fabuleux Rjemcbid. D’ailleursla position de Meclied n’est pas de celles qui, par le croisement des voiesnaturelles, assurent à une ville un rôle considérable. Située à 930 mètresd’altitude, dans une plaine peu fertile que n’arrose même pas un ruisseaupermanent, à une dizaine de kilomètres au sud du Kacliaf rond, l’un destributaires occidentaux de la rivière de Ilerat, Meclied n’a de communica-tions faciles qu’avec le liant bassin de l’Atrck, qui se prolonge au nord-ouest entre les deux chaînes parallèles du Ivopet dagli et de l’Ala dagli; ilfaut traverser des chaînes de montagnes élevées pour se rendre dans toutesles autres parties du Khorassan, à l’ouest vers Nichapour et Damghan ,au sud vers Tourbat-IIaïdari, au sud-est vers Tourbat-Cheïkh-i-Djami etlierai, au nord-est versSarakhs, au nord vers Kelat-i-Nadir. Mais les cheminsdu pèlerinage sont devenus ceux du commerce : les cent mille fidèles quivisitent chaque année le tombeau de l’imam sont autant d’acheteurs et devendeurs qui entretiennent la vie industrielle dans la cité, et Meclied apris le rang de métropole commerciale du Khorassan , qui avait si long-temps appartenu à ilerat. Nadir-chah fil choix de Meclied pour capitalede son immense empire,

he seul monument curieux de la ville sainte est la mosquée, dont la cou-pole dorée, ornée à la base de faïences multicolores, bleues et jaunes sur unfond blanc, s’arrondit au-dessus de la pierre sacrée, à peu près au centregéométrique de la cité. Jusqu’à nos jours, nul Européen non déguisé enpèlerin n’a pu pénétrer dans ce monument, qu’il eût profané de sa pré-sence 1 ; une chaîne d’airain indique la limite, que l’infidèle ne peut franchir;tous les animaux domestiques égarés au delà de cette barrière appar-tiennent de droit à l’imam, c’est-à-dire aux cinq cents prêtres qui viventde l’autel. Le parvis de la mosquée sert de lieu d'asile aux criminels, et cerefuge assuré a contribué pour une certaine part à faire peupler la ville ;tous les pèlerins qui viennent faire leurs dévotions au tombeau de l’imamreçoivent deux fois par jour pendant une semaine un plat de pilau aux fraisdu saint. La bibliothèque de l’imam possède près de 5000 ouvrages, dont

1 O’Donovan, Merv Oasin.