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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

des cimetières, où l’on apporte de cinq cents kilomètres à la ronde lescadavres des musulmans dévots, qui veulent monter au ciel en compagniede l’imam lleza. Quelques jardins se trouvent aussi dans l’enceinte etd’autres espaces cultivés s’étendent en dehors de la muraille ; mais les habi-tants de la ville ont surtout à compter sur les approvisionnements queleur apportent les caravanes, en échange de tapis, d’armes, de métaux tra-vaillés et des vases de « pierre noire », espèce de stéatile 1 * dont les carrièresvoisines leur fournissent les matériaux. Parmi les ’ s de Meched, on

compte quelques centaines de juifs, qui durent, en 1859, acheter leur viepar la conversion à l’Islam , mais qui n’ont que le nom de mahométans etn’en gardent pas moins leur foi.

Au nord-ouest de Meched, la région de la plaine qui appartient encore aubassin du Ueri rond est parsemée de villages kourdes, tous fortifiés etcapables de résister aux attaques des bandes de Turcomans . Deux villes seu-lement, l’une et l’autre peuplées de Kourdes, se trouvent dans cette région,l’un des greniers de la Perse : Kasimabad et Radkan, situé près des maraisoù le Kachaf rond prend sa source. Les chameaux les plus grands, les plusforts et les plus résistants au froid viennent de cette partie du Khorassan .Les meilleurs animaux sont croisés du chameau de la Baclriane à deuxbosses et du dromadaire ou chameau d’Arabie; tandis que la charge ordi-naire d’un chameau ne dépasse pas 140 kilogrammes, elle est de 280 etmême de 500 kilogrammes pour ces métis*. Au nord de Kasimabad, lesruines de la ville de Tous parsèment la campagne près d’un torrent qui sejette dans le Kachaf rond : c’est dans cette fameuse cité que vint mourirIlaroun-ar-Rachid. C’est aussi là que naquit, vers 940, et que mourulFirdousi, auteur de la grande épopée persane, le Chah-nameh : au com-mencement du siècle, une petite chapelle indiquait l’endroit de sa sépul-ture; de nos jours, la tradition seule désigne le lieu où il repose. Lecélèbre astronome Nassir-Eddin, fondateur de l’observatoire de Maragha,était aussi l’un des enfants de Tous. Il ne reste pins aucun débris curieuxdes édifices de cette ville, dont la tradition populaire attribue la ruineà Pjenghiz khan, le destructeur par excellence; mais Tous ne s’est’é que dans les dernières années du dix-huitième siècle 3 .

Souvent assaillies par les Turkmènes, les villes du versant septen-trional des montagnes, au nord de Meched, n’ont pu grandir et pros-pérer, comme elles ne manqueront pas de le faire dès que la paix per-

«

1 II. AV. Bellew, Front the Indus to the Tigris.

- Stewart. Proceedings of the Geographical Society, sept. 1881,

3 N. de Klianikov, Mémoire sur la partie méridionale de l’Asie Centrale .