CUIR \Y A N, BOUDJXOURD, ASTRABAD.
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territoires au nord de l’Atrek et construit le chemin de fer qui longe lahase du Kopet dagli, Boudjnourd était environnée de nomades; c’est lasentinelle avancée du monde iranien dans les pays du Touran.
A l’ouest, il n’y a de villes proprement dites ni dans le bassin del’Atrek, ni dans la vallée supérieure du Gurgen. Ces régions de pâturagesappartiennent aux populations nomades; il faut descendre jusque dans levoisinage de la Caspienne pour trouver une cité considérable. Astrabad,la « Ville de l’Étoile », ou Asterabad, la « Ville des Mules », est certaine-ment, bien qu’elle n’ait jamais été au nombre des grandes cités, l’une de cesagglomérations urbaines qui doivent naître du sol, pour ainsi dire, aucroisement naturel des routes de migration. Astrabad est située près del’angle sud-oriental de la Caspienne et commande la bifurcation des deuxchemins qui longent la côte du sud et celle de l’orient. En outre, des voieshistoriques ouvertes dans la direction de l’est convergent vers Astrabad,puisque les deux rivières Gurgen et Atrek entrent dans la Caspienne à unepetite distance de la ville; enfin, c’est au sud que le diaphragme de mon-tagnes qui sépare l’Asie septentrionale de l’Asie méridionale a le moinsd’épaisseur; en cet endroit précis s’ouvrent les brèches où de tout tempsdevait se faire le passage entre les deux moitiés du continent, Iran et Tou-ran. Astrabad a de plus les avantages locaux que donnent l’abondance deseaux, la fertilité des campagnes et la proximité d’un port, qui, sans êtrebon, est l’un des moins périlleux de la Caspienne . Mais Astrabad, villede transit, devait aussi fatalement devenir une place de guerre. Situéssur les frontières de races différentes, ayant chacune leur genre de vie,leurs instincts héréditaires, leurs ambitions rivales, les campements ou lesbourgs de cet étroit territoire compris entre la Caspienne , l’Atrek et l’El-bourz n’ont cessé de voir défiler les armées, soit de barbares s’élançantà la conquête et au pillage, soit de civilisés repoussant les nomades dansleurs steppes. Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, on contemplece flux et reflux entre les nations, et par delà le siècle d’Alexandre, pardelà le règne de Cyrus, les légendes parlent toujours de guerriers passantet repassant sur cette voie des massacres. De nos jours, un nouvel élé-ment est venu se joindre à ceux qui étaient en lutte : la Russie , conqué-rante de toute l’Asie septentrionale, s’est substituée aux populations tou-raniennes comme voisine des Iraniens, et la ville d’Aslrabad est situéeau point de contact des deux États.
La tribu turque des Kadjar, à laquelle appartenait la famille qui règneactuellement sur la Perse, domine dans la plaine d’Astrabad; l’ancien palaisdes khans, situé au centre de la ville, en est encore le plus bel édifice et