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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

sert de résidence aux principaux personnages de l’administration. La villeelle-même est un groupe de masures enfermées dans une enceinte d’envi-ron 5 kilomètres, mais la muraille est percée de brèches nombreuses etles sangliers viennent gîter par familles dans les broussailles des terrainsvagues; quant aux chacals, ils parcourent les rues pendant la nuit, dévo-rant les charognes et mêlant leurs cris aux hurlements des chiens. Astra-bad n’a qu’une faible industrie; elle fabrique des savons à l’huile de sé-same et surtout des tapis de feutre, où se. mélangent le poil de chameau,le, poil de chèvre et la laine de brebis, foulés et pétris sur des nattes deroseaux, et qui sont presque inusables'. Les campagnes environnantes,arrosées par le Kara sou et plus au nord par le Gurgen, produisent d’abon-dantes récoltes et dans les jardins on recueille des mandarines et des gre-nades exquises. Les seuls gisements métallifères des environs qui soientexploités sont des mines de plomb.

Le port d’expédition pour les denrées d’Astrabad est Kenar-Gaz (Bandai*Gaz ou simplement Gaz), à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de laville, au sud-est de l’ile russe d’Achour-adé, et sur le bord de cette « petitemer » appelée baie d’Astrabad; les négociants, tous Arméniens, exportentune grande quantité de coton, du buis coupé dans les montagnes voisines,et, entre autres denrées, des « loups » ou excroissances de noyer, trèsappréciés par les fabricants de meubles à Paris et à Vienne. Outre cesexportations destinées au commerce lointain, Gaz expédie aussi des boisde construction aux Turcoinans et aux Russes des côtes orientales de laCaspienne . Le port, malgré sa faible profondeur, ne peut manquer d’ac-croître son trafic, grâce à son heureuse position à l’angle de la merIntérieure et à la richesse des contrées voisines en denrées de touteespèce; mais c’est précisément à cause de l’avenir commercial promis à cevillage maritime que le gouvernement persan refuse à ses habitants de con-struire des jetées et d’améliorer les routes d’accès : il redoute d’attirerl’attention de son puissant voisin sur les avantages de Gaz comme stationnavale*.

La plaine d’Astrabad n’a d’autres monuments que ses ouvrages de défenseet scs nombreuses buttes funéraires, dont quelques-unes sont disposées demanière à présenter trois étages en retrait. Les constructions les pluscurieuses sont celles de Guinîch-tepe ou « colline d’Argent », qui se trou-vent encore sur le territoire persan, à une petite distance au nord de l’em-

1 Edm. O’Donovan, The Merv Oasis.

2 Edm. O'Donovau, ouvrage cité.