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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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La capitale actuelle est, comme Rhaï, entourée d'une enceinte percée debrèches. Copiée sur les fortifications de Paris, la muraille de Téhéran estbâtie en matériaux moins résistants; en maints endroits, les talus d'argilese sont écroulés dans les fossés extérieurs. Il ne serait pas difficile de laremettre en état pour résister à une insurrection, mais en cas de siège etde bombardement elle n’opposerait aucun obstacle sérieux à l’ennemi. Ré-eemment on a élevé quelques murs, amorce d’une deuxième enceinte quienfermera tous les faubourgs, doublant l’étendue officielle de la cité; tou-tefois il s’en faut que l’espace compris dans l’intérieur de la première,muraille soit couvert déniaisons; des carrières, des amas de décombres,des terrains arides et jaunâtres y contrastent avec les jardins touffus. Levoyageur qui s’approche n’aperçoit par-dessus les murailles ni tours, nicoupoles qui lui révèlent le voisinage d’une capitale, et mémo quand il estentré, il ne voit d’abord que de misérables buttes en terre. Mais les portessont vraiment belles avec leur grande ogive, les colonnes qui les encadrent,les faïences émaillées qui les décorent : l’éclat et l’heureux choix des cou-leurs, l’élégance et la variété des lignes et des figures prouvent que lesPersans, si déchus qu’ils soient au point de vue de la civilisation maté-rielle, ont gardé leur originalité artistique; à cet égard ils ne sont nulle-ment les inférieurs des Occidentaux.

Dans la ville même les deux influences sont en lutte, l’ancien esprit con-servateur et la manie de l’imitation d’Europe . Le grand bazar ressemble àceux des autres cités de l’Orient : c’est un quartier séparé, percé de ruellesappartenant chacune à des artisans du même métier ou à des marchandsvendant les mêmes objets; mais dans le voisinage du palais se voient déjàdes magasins disposés comme ceux de l’Occident . Presque toute la ville estun labyrinthe de rues irrégulières embarrassées de décombres, coupéesde fondrières, nettoyées seulement par les chiens et les chacals; toutefoisles quartiers aristocratiques ont leur boulevard, planté d’arbres, éclairé augaz et parcouru de voitures élégantes. Des constructions à l’européenne s’é-lèvent dans le nouveau Téhéran , mais ce qui en fait la beauté c’est toujoursle jardin à l’orientale qu’entourent les balcons ouvragés, les arcades à ten-tures de soie : dans ces retraites paisibles oèi jaillissent des fontaines d’eaupure, semant des perles de cristal sur les fleurs odorantes, on se trouvecomme à cent lieues de la cité. Les alentours, surtout du côté du nord, oùles kanat amènent de la montagne une grande abondance d’eau, sont cou-verts de jardins, ayant presque tous gardé leur apparence de réduits forti-fiés, quoique les habitants de la banlieue n’aient plus à redouter lesattaques des Turcomans. À Téhéran et dans les villages des alentours, les