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ville qui se trouve à l’ouest près de la frontière turque , dans une lianteplaine unie d'environ soixante kilomètres de tour, est perdue dans unevéritable forêt : on ne reconnaît la cité qu’après avoir franchi ses fortifica-tions régulières, élevées au commencement du siècle par le général Gar-danne. Parmi tous les arbres domine le mûrier, dont les baies exquisesne ressemblent en rien aux mûres insipides d’Europe ’. Au nord-ouest deKlioï, sur la grande route d’Erzeroum et de Trébizondc, la ville armé-nienne de àlakou s’élève sur un talus, au pied d’un rocher percé d’uneénorme caverne : on dirait une gueule prodigieuse s’ouvrant pour engouf-frer la ville. La grotte n’a pas moins de 200 mètres de large et l’arcade ducintre a un développement d’environ 400 mètres; un castel habité par unchef kourde s’élevait au commencement du siècle dans le fond même dela caverne. Le toit de l’antre est formé par une puissante coulée de lave 1qui s’est, épanchée sur la roche calcaire; dans les environs on voit denombreux puits naturels dont l’eau des torrents a foré le cintre en passant,au-dessous des laves dures, dans la roche inférieure plus friable*.
La grande ville d’Ourmiali (Ourmidj), bâtie au pied des montagnes, dansune plaine qui s'incline vers la « Petite Mer », est aussi entourée de jar-dins qui séparent les faubourgs et pénètrent entre les différents quartiersjusque dans le voisinage du bazar; une grotte voisine est désignée commeayant été la demeure de Zoroastre . De la station de Seïr, que des mission-naires américains ont fondée en 1851, on voit à ses pieds toute l’admi-rable plaine boisée avec ses « trois cent soixante » villages nichés dans laverdure, que limite par de gracieuses courbes le bleu des eaux lacustres.En de ces villages, Gujtapa, est en entier peuplé de ncsloriens convertisau protestantisme. Le village d’Ada, séparé de celui de Soupourghan parle Mazlou tcliaï, s’est également rattaché à la foi nouvelle, apportée de pardelà l’Atlantique; les autres bourgs de nestoriens et de chaldéens ontgardé leurs anciens rites. Khousrava, dans la vallée du Selmas, à l’ouest dela ville maliométane deDilman, est le centre religieux des chaldéens catho-liques 5 . Ces bourgs de la frontière entretiennent un commerce considé-rable avec les deux États limitrophes, les empires russe et ottoman , maisc’est par l’intermédiaire de la contrebande que se font les transports.
Au moyen âge, la charmante Maragha, située au milieu de vignes et devergers, sur les pentes méridionales du Sehend, devait sa renommée à sesfondations scientifiques : là vivait, pendant la deuxième moitié du treizième
1 Moritz Wagner, Reise nach Persicn unddem Lande der Rurden.
- Montcith, Journal of the Geographical Society, 1851; — Cari Riltcr, Asien , vol. VIII.
5 Arsenis etKicpert, Zeitschrift der Gcsellscliaft fiir Erdkunde zu Berlin .