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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

(•[toques mythiques, apportent leurs eaux d’une distance de 50 à GO kilo-mètres et la profondeur des puits d’origine n’est pas moindre de 100 mè-tres 1 . L’altitude du sol, d’environ 1500 mètres, l’exposition des pentestournées vers les vents polaires et la proximité des neiges rendent le cli-mat hivernal de llamadan assez pénible pour les Persans, mais la fraîcheurde l’été en l’ait un des séjours les plus agréables; les vignobles donnentd’excellents vins blancs que llellew compare aux crus de la Moselle , et desvins rouges qui ressembleraient au bordeaux ordinaire. La ville n’a d’im-portance industrielle que pour la préparation des cuirs, la fabrication desselles et harnais, le tissage et la teinture des lapis, mais elle fait uncommerce considérable avec la Mésopotamie et ses bazars sont pourvus demarchandises de toute espèce, llamadan peut être considérée comme lacapitale des Turkmènes occidentaux de la Perse, dont les campementsparsèment les plaines cl les vallées environnantes. A l’est, sur l’une desroules qui mènent à Téhéran , la ville de Saveh, qui possède des restesgrandioses du moyen âge, s’élève sur les confins du désert.

A l’orient de la région des pâturages que parcourent les Turkmènes etsur la lisière des sables, la ville de lvoum ou lvom élève sa coupole doréeau-dessus du tombeau de « Fatima l’immaculée », la sœur de l’imamlleza. Les femmes y viennent en foule pour y implorer la fécondité, labeauté, le bonheur domestique. Autour du sanctuaire sont épars « quatrecent quarante quatre » tombeaux de sainteté moindre, où cependant lesprières sont méritoires, puis, au delà, s’étend à plusieurs kilomètres unchamp des morts où dorment les fidèles qui ont eu le bonheur de mourirou d’être transporfés dans la ville sainte. Après Meched, lvoum, que ni.luil's ni Guèbres ne peuvent profaner de leur présence, est le lieu de pèle-rinage le plus vénéré sur le territoire iranien ; mais, en comparant l’étatactuel de la cité avec celui que nous dépeignent Chardin et autres écrivainsantérieurs au dix-neuvième siècle, il est certain que la piété a diminué,lvoum n’a plus ses vingt mosquées; elle a perdu son commerce et son in-dustrie, si ce n’est pour la fabrication des vases poreux 2 : ce n’est qu’unegrande ruine ressemblant à une nécropole plus qu’à une cité. Le désertqui s’étend au loin, les collines ocreuses ou blanches de sel qui du côté del’ouest limitent l’horizon, forment le paysage désolé qui convient à la citédécline.

Radian, au contraire, la ville centrale de l’Irak-Adjemi, le principal lieu

* M. Diculafoy, Notes manuscrites.

2 Journal officiel, 28 juin 1870 ; — Jane Dieulafoy , Tour du Monde, 1885