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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Abadeli, située à moitié chemin entre Chiraz et Ispahan , et Koumiehch, plusrapprochée d’environ 100 kilomètres de l’ancienne capitale de l'empire.Cette ville, qu’entourent de hautes murailles, mérite bien son nom, quisignifie « Lieu de cultures », car les campagnes environnantes, parseméesde villages et labourées avec soin, sont très productives. Abadeh possèdeune industrie spéciale, celle de la sculpture sur bois; ses habiiants sontd'une extrême habileté à tailler dans le bois de poirier étuis, écriloires,cuillers, boîtes, jeux d'échecs. Jusque dans le nord de l'Iran , ces « articlesd’Abadeh » disputent le marché aux produits similaires importés d’Eu-rope. Au nord-ouest d’Abadeh , sur la roule de Koumicheh, un autrelieu fortifié, Yezdikhast, occupe le sommet d’un rocher de conglomérat quise dresse isolé dans une large fissure du plateau comme un écueil s’élevantd’un fond de mer. Les maisons et les tours semblent continuer le roc,mais en dehors de ces constructions lézardées des échafaudages branlantsse projettent au-dessus du précipice; la foule bariolée des femmes et desenfants s’y presse quand une caravane apparaît, cheminant au bas du ro-cher. La ville n’est accessible que par un ancien pont-levis : çà et làquelques restes de murs sont désignés par les habitants comme des autelsou des châteaux de Guèbres et le nom de la ville (Ye/.d-i-Khast), analogueà celui de la cité guèbre Yezd , paraît en effet rappeler le séjour des adora-teurs du Feu.

La chaîne de montagnes, coupée de larges brèches, qui se prolonge dunord-ouest au sud-est, sur la lisière du grand désert, est, comme les arêtesdu Farsislan, bordée de villes et de bourgades situées à l’issue des vallons,là où se ramifient les torrents avant tic se perdre dans la plaine. Naïn, surla grande route de Karbau à Yezd , à peu près vers le milieu du chemin,est une de ces villes, voisines des solitudes, où l’eau se divise en mille aque-ducs; les habitants, comme ceux de Kaclian et d’Jspahan, savent apprécierles engrais et les recueillent avec le plus grand soin ; l’industrie locale estcelle des poteries, et des indigènes auraient été envoyés eu Europe pourse perfectionner dans leur art, mais en revenant ils s’aperçurent, ditGoldsmid, qu’ils avaient encore beaucoup à apprendre de leurs compa-triotes. Au sud, le versant opposé de la montagne domine Koupa, l’unetics cités prospères du plateau. Enfin, dans la belle avenue de montagnesqui remonte dans la direction du sud-est se succèdent Agda, Ardakan,Maïbout. Ardakan est la plus populeuse et la plus commerçante. Maïbouls’est appauvrie, ainsi que les villages des alentours, par la substitution dupavot à presque toutes les autres cultures. Afin de s’enrichir rapidementpar la vente de l’opium, quelques grands propriétaires forcent leurs tenan-