A HA DK II, Y E Z I) I K 11 A S T , NAÏ.V, YEZD.
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ciers à faire de tous leurs terrains un vaste ehainp de pavots : les vivres sefont de pins en plus rares et plus chers, sans que les salaires se soient éle-vés; l’industrie s’arrête et les habitants émigrent'. On rencontre mêmedes villages complètement abandonnés.
Yczd, qui ne communique avec le reste de l’Iran que par des routes decaravanes traversant des plateaux argileux, des rochers ou des dunes desable, est une cité du désert : de toutes parts les solitudes entourent l’oasisde mûriers où sont enfermés la ville et les villages de la banlieue. En cer-tains endroits, le désert commence aux portes mêmes de Yezd : le sables'amasse contre les murs et le vent le fait tourbillonner dans l'enceinte*:des quartiers sont ainsi menacés de disparaître comme a disparu une pre-mière cité de Yezd , appelée aussi Askizar, dont on voit les débris à 10 ki-lomètres au nord-ouest, sur la roule de Kaclian. On comprend que, danscelte ville partiellement assiégée par les sables, l'eau soit ménagée avec leplus grand soin : presque tous les réservoirs ou ab-amb/tr sont au-dessousdu sol et l’on y descend par des volées de degrés pareils aux escaliers desétangs souterrains de Bombay.
Malgré son isolement au milieu du plateau, non loin du centre géomé-trique de la Perse, Yezd est une des villes prospères de l’Iran ; elle a dosfilatures, des métiers à lisser, des teintureries, des fabriques de sucrecandi. Pour l’industrie des soies, elle est le « Manchester persan » : sesmanufactures sont nombreuses et quelques-unes font marcher plusieursdizaines de métiers. Les cocons fournis par l’oasis environnante ne suffi-sant pas pour alimenter les trois cents fabriques, les marchands impor-tent des soies grèges du Ghilan, du Khorassan , même de lierai; quantaux exportations d'étoffes, elles se font en dehors de la Perse jus-qu’à la Mecque et autres villes d’Arabie par la voie de Mascale. Yezd entre-tient même des relations indirectes avec la Chine , par l’expédition decaisses d’opium, chaque année plus nombreuses. Les intermédiaires presqueuniques sont les membres de la communauté guèbre, la seule importantequi existe encore en Perse : naguère la concurrence des musulmans leurinterdisait les manufactures et le trafic; les adorateurs du Feu se livraientpresque exclusivement au jardinage et à la culture du cotonnier, surtout àl’espèce dont la filtre brune sert à tisser les vêtements dont le port estobligatoire pour les Guèbres. Peu d’années après avoir reçu le droit de trafi-quer, ceux-ci eurent conquis le monopole des échanges : l’un de ces négo-
1 Gasteiger, Von Téhéran narh Baludschistan.- Mac Gregor, Journey throuijh Khorassan.