280
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
llormos ou Ormuz, qui était alors lo centre d’un commerce « immense »et où venaient les marchands de l’Inde avec des navires chargés d’épices,de pierres précieuses, de perles, d’étoflés de soie et d’or, de défenses d’élé-phant. L’emplacement de la vieille cité, en partie couvert de ruines, a étéretrouvé sur le cours du Minai), à une dizaine de kilomètres au sud-ouest dufort qui s’élève au centre de l’oasis des jardins 1 . Dévastée par les Mongols.Ormuz se reconstruisit dans une île, de forme presque ronde, située à G ki-lomètres environ de la terre ferme : c’est la ville dont Alhuquerque s’em-para au commencement du seizième siècle et où se firent, an prolît desnavigateurs portugais , les échanges des denrées les plus précieuses del’Orient et de l’Occident . La ville était située dans la partie de l’ile la plusrapprochée du continent; il s’y trouve encore un petit village signalé deloin par un minaret et par une forteresse portugaise , en lion état deconservation. Des palais, des églises s’élevaient en diverses parties del’ile d’Ormuz, et la plus haute colline, qui dépasse 200 mètres, portaitune chapelle servant en même temps d’amer, ïS’ostra Senhora de la Penlia ;des citernes profondes sont creusées dans le roc. Jalouse du commerce desPortugais , la compagnie anglaise des Indes fit alliance avec la Perse cl,après un long siège, le fort dut ouvrir ses portes; la ville fut pillée etdémolie; même les matériaux de construction furent emportés pour serviraux édifices de Bandar-Abbas *. Les quelques embarcations d’Ormuz n’ex-portent plus que du poisson salé, une terre ocreusc qui sert de matièrecolorante, et du sel que l’on recueille, après les pluies, dans les ravins étin-celants de blancheur, qui découpent les collines de l’intérieur, composéesde sel gemme.
L’ilc de Kiclim ou Tawilah, c’est-à-dire « Plie Longue », qui s’étend àl’ouest d’Ormuz, parallèlement à la côte de l’Iran , est une terre considé-rable qui semble avoir fait jadis partie du continent; elle n’en est séparéeque par un canal de 2 à 10 kilomètres de largeur qui serpente autour dospromontoires et des plages basses couvertes de palétuviers; même degrands navires à voile, aidés par la marée, peuvent s’engager dans celong canal d’une centaine de kilomètres, car aux seuils les plus élevéson mesure une épaisseur d’eau de G à 7 mètres. L’ilc possède de bonsmouillages, notamment celui de I.eft, au milieu du canal ; mais en dépit deson excellente position entre deux mers, en face de l’Arabie et dans uneconcavité profonde du littoral persan, la longue terre n’a point de grands
* Pclly ; ■— Vulc, The Book o / ser Marco Polo .
2 A. W. StifTe, The Gcographical Magazine, upril 1874.