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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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ORMUZ, KICIIM, LINDJAH.

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entrepôts. La bourgade appelée Ivichm, comme l’ile, et bâtie à son extré-mité orientale, près d’un ancien fort portugais de l’île, vis-à-vis d’Ormuz,n’a guère que des fruits à offrir aux marchands : de rares oasis, où l’oncultive de l’orge, des melons, quelques arbres fruitiers, se montrent surles terrains en pente revêtus d’une mince couche de terre végétale. Dansson ensemble, l’ile, rocheuse et dépourvue de végétation, coupée de col-lines grises ou blanchâtres, calcaires ou salines, ou couverte d’efflores-resecnccs de soufre, est l’image de la désolation : des voyageurs la com-parent à des plateaux sous-marins récemment surgis des flots; d’autresà une terre ravagée par le feu et ne formant plus qu’un amas de scories.Les Anglais y fondèrent, à l’extrémité occidentale, l’établissement militairede liasidouh (Bassadore) pour commander l’entrée du golfe Persique , maisils durent l’abandonner à cause du manque d’eau et de l’intolérable cha-leur; toutes les provisions, solides et liquides, nécessaires à la petite gar-nison, devaient être expédiées de Bombay. En été, la plupart des indigèneseux-mêmes vont chercher un refuge sur le continent, dans les bosquets deilinab; les mines de soufre et de sel ne sont exploitées par les Arabes quependant cinq mois de l’année. Cependant une espèce d’antilope vit danscette île de pierre et de sel ’.

Ilendjam, qu’un chenal de 2 kilomètres sépare d'une pointe méridionalede la grande île, avait été également désignée comme futur poste de marinebritannique; mais on a dù y renoncer pour les mêmes raisons; à moins deprécautions exceptionnelles, un Européen n’y passerait pas l’été sans suc-comber à la folie ou à la mort. Pourtant l’ilc fut autrefois très populeuse;des milliers de maisonnettes en pierre sont éparses dans les creux, ainsique de nombreuses citernes revêtues d’un ciment indestructible; desrestes de cultures en terrasses se voient sur les pentes; à l’extrémité septen-trionale on reconnaît encore les ruines d’une ville considérable, où s’éle-vaient deux mosquées. De nos jours, les seuls habitants sont environ200 familles arabes venues de Chardjah, sur la côte d’Oman ; ils se sontétablis au sud pour exploiter les bancs d’huîtres perlières; une source avareleur fournit un peu d’eau saumâtre. Dans l’intérieur, des massifs de ro-chers sont composés de sel, que des corps étrangers rayent de rouge, dejaune, de vert; une Assure qui s’ouvre dans une colline de calcaire et desel gemme se termine par une caverne remplie de pyrite qui brille commel’or à la lueur incertaine des lampes 1 2 3 .

1 Whiteloi'k, Journal of the Geographical Society, 1858.

2 Floyer, Unexplorcd Baluchistan.

IX.

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