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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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CUAPOl'R, BABAIIAN, KONGAVER, XEIIAVEND.

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traversée de crêtes montagneuses, n’a que des voies peu fréquentées : aussin’y existe-t-il que deux villes, la charmante Bana, qui couronne une col-line boisée entre deux vallons cultivés, et la cité moderne de Senna (Sih-nalij, résidence d’un wali de Kourdcs iraniens, située dans un bassinfertile entouré de campements. Senna n’est persane qu’au point de vuepolitique: les chrétiens, Vcsloriens et Chahléens, sont nombreux dans lacontrée; les tribus nomades sont composéesd’Ali-Allabi et autres « gens dela Vérité ». La population mahomélane du versant mésopotamien est entiè-rement sunnite : la chaîne bordière sépare les deux religions, celle dela Bcrseet celle de la Turquie .

La route historique d’Ecbatane à Babylone, de Téhéran et llamadauà Bagdad, celle que suivit Alexandre à son retour de l’iran , et que prirentaprès lui d’innombrables expéditions de guerre et de commerce, contourneles contreforts méridionaux du massif de l’Elvend et ses roches gravéesd'inscriptions cunéiformes pour descendre de contrefort en contrefort dansla vallée de la Iverkha ou Kerkhera, le Kara sou, l’« Eau Voire » des Turcs,le Choaspes des anciens. Kongavcr ou Ghendjaver, un des premiers lieuxd’étape, est situé au pied de montagnes qui ressemblent à celles de 1 ’At-liquc par la netteté du profil et l’harmonie des formes; mais la plainede Kongavcr est tout autrement riche que celle d’Athènes en eaux cou-rantes et en massifs de verdure. La petite ville persane a aussi son acropole,dominée par un édifice qui fut à la fois temple et citadelle, comme le Par-tliénon. C’est le sanctuaire qu’lsidore, dans le premier ou le deuxièmesiècle de l’èrc vulgaire, dit avoir été consacré à Artémis , l’Anahid des Perses,cette « Fille » en l’honneur de laquelle sont désignés tant de rochers, depassages, de vieux châteaux dans les contrées de l’Iran . Le temple, souventutilisé comme forteresse par des Landes de brigands, n’est plus qu’unamas de débris; cependant on y voit encore quelques restes précieux d’ar-chitecture, des colonnes de proportions élégantes, de beaux chapiteauxsculptés représentant des fleurs de lotus. L’influence grecque n’est pasmoins visible dans le monument de Kongavcr que dans celui de Pcrsépohs.Au milieu de la plaine se dresse un monticule isolé, peut-être d’origineartificielle, portant aussi des ruines que l’on croit être celles d’un templedu Soleil, où les offrandes et les prières alternaient avec celles qui, surl’autre colline, s’élevaient vers l’Artémis lunaire.

En aval de Kongavcr, les eaux descendues de l’Elvend s’unissent auGainas ou Gamas-ab, descendu de la vallée où se trouve V’ehavend, la « villede Voé », célèbre dans les annales de l’Islam par la « victoire des victoires »que l’armée du calife Omar remporta sur Yezdidjcrd, le dernier souve-