BISOUTOUN', KERMAXC11AII.
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ries où paissent les troupeaux. Une abondante source cristalline jaillit à labase de la roche, que surmontent des bas-reliefs presque détruits, moinspar le temps que par les conquérants qui ont fait sculpter des figuresnouvelles sur les figures anciennes ; de même les inscriptions grecquesont été partiellement effacées sous des écritures arabes. D’autres sculp-tures, taillées à une grande hauteur sur la paroi, sont aussi accompagnéesde quelques inscriptions difficiles à reconnaître; mais la table fameuseétudiée avec tant de soin existe encore presque en entier. Sur un espaced’environ 45 mètres en largeur et 50 mètres en hauteur, la roche a éténivelée et polie et dans ce vaste cadre le roi Darius, fils d’ilystaspes, a faitgraver un millier de lignes racontant en trois langues, perse, mède,assyrien, sa victoire sur Babylone et les vœux qu’il fit à son retour. A labase de la pierre écrite se voient les débris d’une terrasse par laquelle lesvisiteurs accédaient au monument; mais rien ne reste des sculptures deBaghistan dont parle Ctésias et qu’il attribuait à Sémiramis. Les paroispolies où sont gravées les inscriptions sont revêtues d’une légère couche desilicate qui les préservait contre les intempéries. Les Perses connaissaientdéjà il y a vingt-quatre siècles l’art de durcir le rocher 1 .
Les mêmes escarpements qui portent les inscriptions de Bisoutoun secontinuent à l’ouest et prennent au nord-est de Ivermanchah le nomde Tak-i-Bostan, «4oùte des Jardins », qui rappelle les jardins suspen-dus attribués à la souveraine légendaire. Immédiatement au-dessus de laplaine fleurie, et près d’une fontaine abondante qui s’élance de la rochecalcaire, deux salles ont été taillées dans Je roc, à l’époque des Sassanidcs,ainsi qu’en témoignent le style des sculptures et les inscriptions pelilvidéchiffrées par Silvestre de Sacy . La petite grotte date du quatrième sièclede l’èrc vulgaire; la grande, qui est de beaucoup la plus ornée, auraitété taillée, ou du moins aurait reçu ses sculptures, deux ou trois sièclesplus tard, à la veille de la conquête arabe. Les scènes de chasse quidécorent les murailles sont représentées avec une vigueur et une puretéde dessin dont les autres monuments de Perse n’offrent pas d’exemple : ellessont dues évidemment aux artistes grecs qui vivaient à la cour sassanide 2 .Kermanchah , située dans la plaine fertile, à quelques kilomètres de Tak-i-Bostan, n’était qu’une petite ville à la fin du siècle dernier : au commen-cement du siècle, elle devint l’une des premières cités de la Perse, commecapitale des provinces du Kourdistan, dont Ali-mirza, fils du chah Fath-Ali ,
' H. Rawlinson, Marck from Zohab io Khuzistan. Journal of the Geographical Society , 1850.
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