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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

avait fait un véritable royaume : des officiers de toute nation, parmi les-quels l’illustre Rawlinson , un de ceux qui ont le mieux étudié la géographieet l'histoire de cette contrée, vivaient alors à Kermanchah et y fondaientdes arsenaux et des fabriques d’armes; des artisans accouraient de laPerse, de la Turquie et de l’Armenistan. Depuis cette époque, la ville a denouveau diminué en population et en industrie. La plupart des danseusespersanes appartiennent à la tribu des Sousmani, qui campe dans le voisi-nage de Kermanchah 1 .

Au delà, la grande route historique de l’Iran à la Mésopotamie , s’éloi-gnant du Choaspes, qui prend la direction du sud et du sud-est, passe dansla ville de Kirind, chef-lieu de plusieurs tribus Lourdes appartenant à dessectes diverses, surtout à celle des Ali Allahi. Au delà, on traverse un paysmontagneux pour s’élever graduellement vers la crête de Zagros , le murnaturel qui limite à l’occident le plateau de la Perse et d’où l’on descendvers Zoliab et les plaines de la Mésopotamie ; la ligne de séparation entreles climats, entre les flores et les faunes, contourne la hase du rempart;de l’un à l’autre côté les nations et les langues diffèrent ; l’histoire a prisun autre cours. Sur la pente inclinée vers la Turquie , un château, Tak-i-Girrah ou T « Arche du Chemin », marquait la frontière politique : on yvoit encore un haut portail de marbre blanc que Kcr-Porter crut pouvoiridentifier avec les « Portes du Zagros » ou Zagri Pylae, dont le nom (Zargpii) subsisterait encore dans celui du village de Sarpil, Sarpoul ou Sari-poul. Quoi qu’il en soit, il est peu de limites naturelles mieux tracéesque celles du Zagros , et si les campagnes de Zoliab, qui s’étendent àl'ouest, appartiennent à la Perse, c’est uniquement par droit de conquête ;depuis que ce pachalik lui a été enlevé, au commencement du siècle, laTurquie n’a cessé d’en revendiquer la possession. Historiquement ce pays,loin d’être iranien , est au contraire l’une des régions classiques de laMésopotamie ; sur l’emplacement occupé par le bourg de Ilohvan s’élevajadis une des puissantes cités d’Assyrie , dans laquelle plusieurs archéo-logues avaient cru, mais à tort, retrouver Calacli, capitale temporairede l’empire des plaines.

Au sud de Bisoutoun et de Kermanchah , la rivière, qui plus bas prendle nom de Kerklia, ne baigne jusqu’à l’Euphrate les murailles d’aucunecité considérable. Actuellement, on ne voit, sur ce cours d’environ 600 kilo-mètres, que des ruines et de rares villages; dans tout le bassin, occupépresque en entier par les bergers Lourdes , louri et bakhtyari, il n’existe

1 Polak, ouvrage cité