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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
capitale est des plus heureuses : en cet endroit la rivière Dizfoul, affluentdu Karoun, se rapproche de la Kerklia; les deux cours d’eau, développantleurs méandres à la rencontre run de l’autre, ne sont plus qu’à une dis-tance de 15 kilomètres et la plaine qui les sépare est assez unie pourqu'on y ait creusé de nombreux canaux d’irrigation dérivés des deuxrivières;en outre, un canal naturel d’écoulement, le Cliapour ou Cliahwer,assez large et assez profond pour recevoir les embarcations de commerce,s’est formé en amont de Suse , et descend au sud-est vers la rivièreKaroun : la plaine de Suse est donc une petite Mésopotamie , et le sol en estaussi fécond que celui des bords de l'Euphrate ; c’est à peine si au printempsles chevaux peuvent traverser l’herbe épaisse qui recouvre les campagnesarrosées par le Cliapour. Les ruines ou plutôt les buttes herbeuses qui fontreconnaître l’emplacement de l’antique cité occupent un espace de 10 à12 kilomètres de tour et sont dominées par une plateforme carrée d’environun kilomètre de côté, qui portait jadis la citadelle; un monticule artificiel,de 50 mètres de hauteur, dressant ses talus escarpés au nord-ouest de laterrasse, indique l’endroit où s’élevaient les plus solides murailles del’acropole. Nul précieux débris ne subsiste de la capitale jadis si fastueuse:quelques chapiteaux épars, des fûts de colonne, des pierres sculptées, c’esttout; mais on a pu reconnaître le plan du grand palais commencé parDarius et terminé par Artaxercès Mnénon ; il ressemblait au « Trône deDjcmchid » à Persépolis. Le prétendu tombeau de Daniel, qu’ombragentquelques platanes au bord du Cliapour, est un simple mausolée de briques,où les musulmans des alentours viennent en pèlerinage; mais ils n’y voientplus la pierre qu’ils considéraient comme un talisman protecteur de la con-trée : c’était une dalle de couleur noirâtre portant une inscription bilingue,en hiéroglyphes et en caractères cunéiformes. Les Anglais Montcilli et Ivin-neir essayèrent en vain de l'acheter; Gordon obtint d’Ali-mirza, le princedu Kourdistan, le droit d’enlever le précieux monument épigraphique, maisles habitants le rachetèrent par un présent de 40 000 francs et deux che-vaux arabes du plus.grand prix 1 . Malheureusement, la légende parlait d’im-menses richesses enfouies sous la pierre sacrée : un étranger la fit sauterpour découvrir le trésor, et précisément les plus grands désastres, peste,inondation, famine, se succédèrent comme pour donner raison aux super-stitions populaires. D’après Loflus, il resterait quelques fragments de lapierre sacrée, maçonnés dans un pilier 2 .
1 Ouseley, Truvels in the East.
- Loftus, Quarterly Journal of the Gcoloyical Society, aug. 1855.