K E li M A N CIIAII, KIRIND, SIRWAN, SUSE.
291
qu’une seule ville, Khorramabad , située sur le torrent du même nom, sous-affluent oriental de la Kerklia. La position de Khorramabad est singulière-ment pittoresque; un mur de rochers, qui suit, comme toutes les mon-tagnes du Louristan , la direction normale du nord-ouest au sud-est, s’inter-rompt soudain pour laisser passer la rivière, puis se redresse au delà d’unebrèche, large d’environ 1*200 mètres; mais au milieu de l’espace libre ilreste un fragment du rempart naturel, bloc isolé, escarpé de toutes partset donnant naissance près du sommet à une source très abondante. Cerocher, entouré à la hase d’une double muraille, est le fort de Khor-ramabad ; un élégant palais, des jardins, un vaste réservoir occupent lapartie supérieure du monticule ; au bas s’étend la ville, prolongeant sesfaubourgs entre les jardins ombreux.
La chaîne des cités ruinées se développe à l’ouest, parallèlement à lacrête bordière qui sépare le pays montagneux des plaines de la Mésopo-tamie . Une première ville abandonnée, Sirwan, est située dans un défilé,au bord d’un affluent occidental de la Kerklia; les maisons se pressent lesunes contre les autres, mais toutes les collines des alentours sont cou-vertes d’anciennes demeures, au milieu desquelles s’élèvent çà et là depetits obélisques, désignant les tombeaux des Louri. Quelques édifices de lavaste cité, fort bien construits en pierre de taille, sont en parfait état deconservation : voûtes, corridors, galeries, labyrinthes souterrains, toutel’architecture sassanide se retrouve dans la ville sans habitants. Des bri-gands louri ont pris pour retraite les cryptes du palais de îSoucbirvan,le fondateur de la ville; Rawiinson, qui se préparait à visiter une « pierretalismanique » placée à l’entrée de la tombe où le souverain repose « surun lit d’or et d’argent », dut s’éloigner avant d’avoir terminé l’œuvred’exploration. Roudbar, situé au confluent de la Kerklia et du Kirind, estaussi une grande ruine des temps sassanides , et plus au sud, dans unevallée latérale de la Kerklia, Seïmarah ou la cité de Chosroës , Chehr-i-Khousraou, semble être une reproduction exacte de Sirwan pour le site,l’aspect général et le style d’architecture, mais elle est encore plus éten-due et un palais de proportions plus grandioses la domine. Ce monumentest le « Trône de Cbosrocs », ainsi nommé de l’ennemi d’Iléraclius qui enavait fait sa résidence d’hiver 1 .
Mais, de toutes les ruines de la contrée, nulle n’a laissé un nom plusretentissant que celles de Suse ou Chouz, d’après lesquelles tout le paysest souvent appelé Susiane . La situation géographique de l’ancienne
1 II. Rawiinson, Journal of lhe Geographical Sociely, 1859.