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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

distan, il est au moins une personne sur trois qui souffre d’ophthalmie.Le peste a fréquemment sévi en Perse et même c’est dans les montagnes desKourdes de l’Azcrbeïdjan qu’elle paraît avoir un de ses foyers d’éruption;en 1870, en 1878, elle éclata dans le district de Soudj-boulak et prèsde la ville de Dana, poin tant si charmante et si salubre à tous autres pointsde vue Le lléau frappe d’abord les tribus nomades avant de s’attaquer auxpopulations sédentaires, puis du pays Lourde se propage vers le sud, sedirigeant constamment vers l'embouchure des fleuves*. Mais aucune mala-die n’est plus redoutable dans l’Iran que celle de la faim. Nul doute que,lors des grandes disettes, la mortalité n’ait surtout frappé les Persans quihabitent les villes et les régions du plateau insuffisamment arrosées; ellea fait proportionnellement moins de victimes parmi les autres races, Turcs,Kourdes, Louri, Baklityari, Kachkaï, qui vivent dans les pays montagneux,au bord des sources et des torrents, et parmi les tribus nomades, errantde pâturage en pâturage avec leurs bestiaux. Avant de reconquérir soninfluence à l’extérieur, la nation persane doit se reconstituer elle-même,puis reprendre son travail d’assimilation sur les autres éléments ethniquesde l’Iran .

Un deuxième fait, plus considérable dans ses résultats, devait diminuerl’influence de la Perse sur les nations de l’Asie Antérieure : son isolementpresque complet au point de vue des communications internationales. Toutl’espace compris entre Tabriz et Bampour, entre Chouster et Mcched, dis-paraîtrait soudain, que le nombre des voyageurs entre l’occident et l’orientde l’Asie ne diminuerait pas d’un seul. Quoique, par la configuration ducontinent, le plateau iranien semble être le lieu de passage obligé des Indes en Europe , et qu’en effet les grandes migrations d’hommes et d’idées s’ac-complirent autrefois par cet « isthme médique », resserré entre le bassinde l’Euphrate et la Caspienne , ce mouvement s’est entièrement arrêté. Lesexpéditions et les conquêtes de Nadir-chah, puis le reflux des Afghans etl’expulsion de ces étrangers sont les derniers conflits qui rappellent l’an-cienne importance de la contrée comme terre de passage. De nos jours, laPerse, loin d’être l’intermédiaire des Indes et de l’Occident , est enfermée,pour ainsi dire, entre deux voies nouvelles, au nord celle que lesannexions russes ont ouverte à travers les steppes kirghizes et turkmènes,et au sud le chemin de la mer, suivi régulièrement par les paque-bots côtiers. La question capitale pour la Perse est, sinon de redevenir la

1 Arnaud ; — Mahé, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.s Tholozun, Histoire de la peste en Perse et en Mésopotamie .