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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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POPULATIONS DE LA PERSE, PROPRIÉTÉ AGRICOLE.

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grande route aryenne, comme aux anciens âges, du moins de se rattacherau réseau des communications qui contournent son territoire. Mais cetindispensable progrès est accompagné lui-même de graves dangers pourune nalion faible et environnée d’ennemis; ce n’est pas impunémentqu’elle facilitera l’escalade de ses montagnes aux armées étrangères.

On évalue seulement aux deux tiers de la population le nombre desagriculteurs persans et l’étendue du sol qu’ils cultivent ne comprend certai-nement pas un cinquantième du territoire. Même celte faible partie de lasurface de l’Iran appartient presque en entier à d’autres qu’aux laboureurset aux jardiniers : il est peu de contrées où le régime de la grande propriétésoit plus général. De vastes étendues font partie du domaine royal et lespaysans qui les mettent en valeur sont soumis à un régime qui diffèrepeu du servage. D’autres terres, dont l’ensemble est encore beaucoup plusconsidérable, mais qui sont incultes pour la plupart, constituent les biensde la couronne, à laquelle les a données la confiscation ou la conquête, etd’ordinaire elles sont concédées temporairement à des favoris ou à descréanciers. Les mosquées, les écoles, les fondations pieuses de toute espècesont, comme personnes morales, au nombre des grands propriétaires etleurs biens s’accroissent d’année en année, non seulement par les legset les héritages, mais aussi par les conventions secrètes de fonctionnairesprévaricateurs, qui, redoutant une confiscation totale de leurs propriétéspar le souverain, lèguent leurs champs à l’église, à charge par elle de leurpayer rente viagère. La pays entier était menacé de devenir un immensevakouf (icakf) ou domaine de « mainmorte », lorsque Nadir-chah repritaux mosquées une partie considérable de leurs immeubles; mais la situa-tion économique actuelle est redevenue ce qu’elle était à l’époque du con-quérant et l’on se demande si prochainement une semblable mesure desalut public ne sera pas nécessaire. Quant aux propriétés privées d’unecertaine étendue, elles sont en général confiées à des métayers, auxquelson donne l’eau d’irrigation, la semence et le cheptel en échange des deuxtiers ou des trois quarts du produit. Il arrive que des propriétaires aggra-vent d’une manière intolérable les conditions du bail; alors les métayersmettent le feu à leurs cabanes, abattent les arbres qu’ils ont plantés,chargent leur petit avoir sur les bestiaux et vont chercher au loin un maîtremoins cruel 1 . D’après Stack, il n’existerait en Perse aucun vestige de com-munautés villageoises semblables à celles de l’Inde , et cependant lui-mêmeparle de villages dont les habitants partagent chaque année la plaine

1 Polak, Persien , Bas Land und seine Bewoliner.