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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Il est vrai que le temps a peu de valeur en Perse , et si la route estpénible, il en coûte peu de cheminer lentement : on voit fréquemment desvieillards entreprendre sans compagnon des voyages de plusieurs centainesde lieues avec autant d’insouciance que s’ils allaient visiter le hameau voi-sin 1 . Sur la voie la plus fréquentée, celle de Téhéran à Redit, on met d’or-dinaire sept jours à faire le trajet, d’environ 500 kilomètres. Il faut unmois pour se rendre à Bouchir, quarante jours pour atteindre Bandar-Abbas , deux mois pour aller jusqu’à la frontière haloutche, au delà deBampour.

L’ensemble du commerce extérieur de la Perse est évalué à 150 mil-lions de francs; un droit fixe de 5 pour 100 est prélevé sur toutes lesmarchandises à l’entrée et à la sortie 8 ; mais à cette taxe, la seule qu’aientà payer les étrangers, s’ajoutent pour les indigènes des impôts d'octroi etde douane intérieure : par cette bizarre fiscalité les négociants européenssont « protégés » controleurs concurrents de la Perse 5 . A l’intérieur, lesrelations commerciales augmentent d’année en année, ainsi qu’en témoignel'accroissement constant des télégrammes expédiés par les indigènes. Outrele télégraphe anglo-indien qui emprunte le territoire persan de Tabriz àBouchir, le gouvernement iranien a fait rattacher par un réseau de filstoutes les grandes cités de l’empire 1 . La plupart des préposés aux bureauxtélégraphiques sont des membres de la famille royale 5 .

On comprend que la moralité publique soit peu développée dans unpays où le divorce est si fréquent, où les unions temporaires pour une pé-riode de vingt-cinq jours, ou même d’une moindre durée, sont réguliè-rement consacrées par les mollah; il est peu de femmes qui atteignentl’àge de vingt-quatre ans sans avoir eu deux ou trois maris 6 ; celles que ledivorce atteint le plus rarement sont les épouses qui avant le mariageétaient déjà parentes de l’époux : elles commandent à toute la famille etsouvent elles exercent une influence considérable, même en dehors de Ven-deroun. L’esclavage existe encore et les Arabes de Mascate importent tou-jours dans l’Iran des nègres et des Somali qu’ils vendent au plus offrant;les captifs baloutches et turkmènes sont les seuls blancs qui soient réduits

’ A. de Gobineau , Tour du Monde, 1800; — Floyer, Unexplored Baluchistan.

- Commerce de la Perse en 1880 : 151 800 000 francs, dont un tiers à l’importation, deux tiersà l’exportation.

Droits de douane : 4 600000 francs.r> Jane Dieulafoy , Tour du Monde, 1885.

4 Lignes télégraphiques en 1881 ; 5154 kilomètres.

5 O'Donovan, The Merv Oasis.

0 De Gobineau , Trois ans en Asie.